Dialogue Edouard Glissant/ Stephane Hessel Genève 2009

Dialogue Edouard Glissant/ Stephane Hessel Genève 2009

C’était il y a 13 ans déjà, mais le débat organisé dans l’enceinte du Palais des Nations à Genève, entre deux grands humanistes, Edouard GLISSANT et Stephane HESSEL, reste d’un particulière actualité. J'y étais. Octobre 2021. PH

 C’était il y a 13 ans déjà, mais le débat organisé dans l’enceinte du Palais des Nations à Genève, entre deux grands humanistes, Edouard GLISSANT et Stephane HESSEL, reste d’un particulière actualité.  J'y étais. 

C’est aussi l’occasion de redécouvrir la pensée d’Edouard Glissant, Prix Nobel de littérature, autrement plus adapté à notre temps que nombre de « philosophes » officiels, du moins dans les Medias du Service public, notamment en France. 

P.Hamon (2021)

=> Ecouter le DEBAT  

"De ses études philosophiques auprès de Gaston Bachelard, jusqu’à sa rencontre avec Gilles Deleuze ou Régis Debray, Jacques Derrida ou Pierre Bourdieu, Édouard Glissant construit une philosophie de la Relation. Sa pensée est aussi une écriture. Essayiste, romancier, dramaturge, Glissant est avant tout le poète des imaginaires et des archipels du Tout-Monde. Son engagement politique, depuis la création du Front antillo-guyanais en 1961, l’amène à saluer l’élection de Barack Obama en 2008 comme l’imprévisible de la créolisation. Glissant fonde ainsi une politique de la mondialité, contre les effets désastreux de la domination, à travers une réflexion continue sur l’histoire de l’esclavage et la mémoire des colonisations. Enfin, sa relation aux artistes (du cubain Wifredo Lam à l’italien Valerio Adami) ouvre son œuvre vers une nouvelle esthétique : la trace, l’éclat, le tremblement, l’errance, le divers. Mêlant le souffle poétique et philosophique à une puissance politique et artistique, Glissant, âme vivante du monde, est le Montaigne de notre temps". Aliocha WALD LASOWSKI 

https://www.amazon.fr/Edouard-Glissant-penseur-archipels-Lasowski/dp/2266232061 

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Glissant

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Empathie, résilience et solidarité indispensables avec le peuple ukrainien, mais sans oublier également d'avoir une approche politique du conflit / Jean-Claude MAIRAL

Empathie, résilience et solidarité indispensables avec le peuple ukrainien, mais sans oublier également d'avoir une approche politique du conflit / Jean-Claude MAIRAL

Il est important d'avoir de l'empathie, de la résilience et une solidarité de tous les instants avec le peuple ukrainien, mais sans oublier également d'avoir une approche politique et géopolitique face au conflit Russo/Ukrainien. / Jean-Claude MAIRAL


Il est important d'avoir de l'empathie, de la résilience et une solidarité de tous les instants avec le peuple ukrainien, mais sans oublier également d'avoir une approche politique et géopolitique face au conflit Russo/Ukrainien. 

Qui n'est pas sensible à ces réfugiés, à ces visages d'enfants confrontés à la guerre ? Certainement personne? Moi-même je peine à retenir mes larmes. Mais nous devons prendre du recul avec cette approche à juste titre très sensible et normale, face à cette guerre meurtrière qui frappe les populations civiles. 

Il est impératif de ne pas s'enfermer dans ce qui génère de la colère au regard de ces images insoutenables. Car chacun le sait la colère si elle est nécessaire, est toujours mauvaise conseillère, si on en reste à celle-ci. Elle peut déboucher sur de mauvais réflexes et  préconisations. 

On le voit déjà poindre dans certaines prises de paroles sur les plateaux télés et dans certains reportages, quand on appelle à fermer toutes les entreprises françaises en Russie, à bannir les sportifs russes des compétitions sportives et à annuler toutes les manifestations culturelles avec des artistes ruses. 

Il y a une pression très forte des autorités ukrainiennes sur les gouvernements européens en les culpabilisant, pour qu'ils prennent cette décision. Les prises de parole du président ukrainien devant les parlements nationaux  vont dans ce sens. On peut les comprendre, mais il faut garder la tête froide pour plusieurs raisons.

-La France, même si elle apporte son soutien à l'Ukraine face à l'agression de Poutine, n'est pas en guerre avec la Russie


-Frapper économiquement Poutine, les oligarques et les dirigeants russes c'est une chose, mais mettre la Russie sous cloche en enfermant le peuple russe par des mesures drastiques, y compris en frappant les sportifs, les intellectuels, les chercheurs, les artistes, les salariés des entreprises françaises présentes en Russie, c'est faire le jeu de Poutine qui ne manquera pas de présenter toutes ces personnes comme des victimes de l'Occident. Cela le renforcera.


-En Russie, il y a des millions de russes qui ne sont pas d'accord avec cette guerre, allons-nous les laisser à la merci de Poutine? Non absolument non!. A juste titre comme l'a écrit Danièle Sallenave il faut être solidaire de ces russes qui même silencieux du fait de la répression, sont contre la guerre. Dans le journal 'Humanité  de ce 22 mars, l'écrivain André Markowicz a la même approche quand il déclare "Ce n'est pas la culture russe qui est dans les chars de Poutine". 

Ne coupons pas les ponts avec tous ces intellectuels, artistes, chercheurs, jeunes et simples citoyens russes, continuons de les accueillir, ne rompons pas les jumelages des collectivités françaises avec des collectivités russes, continuons à maintenir ce lien par la culture et la connaissance. C'est l'arme de l'intelligence face à la barbarie. C'est une arme terrible et efficace contre Poutine. Ne stoppons pas l'activité des entreprises françaises en Russie qui serait synonyme de chômage pour des très nombreux russes, donnons à voir aux salariés de celles-ci que nous ne les mélangeons pas avec les bellicistes du Kremlin. Que la France n'est pas en guerre avec le Peuple russe!


-Tout en condamnant l'agression, ne fermons pas la porte à la Russie. L'action de la France est importante depuis le début du conflit, mais il y a une institution qui peut jouer un rôle très puissant et positif, c'est le Conseil de l'Europe où siègent 47 pays avec leurs parlementaires, leurs élus locaux et leurs associations. Ayant siégé au congrès des pouvoirs locaux et régionaux  du Conseil de l'Europe, j'ai pu constater lors du conflit Russie/ Géorgie que les élus des deux pays se parlaient. Fabien Roussel a eu raison de citer le Conseil de l'Europe sur France 2, comme un acteur du conflit. Il faut poursuivre inlassablement à redonner au Conseil de l'Europe toute sa place politique dans les enjeux européens. A en faire un acteur majeur sur le continent européen.

JC Mairal 22-03-2022

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Pour un « Fédéralisme coopératif à la française » en faisant le choix du bas vers le haut.

Pour un « Fédéralisme coopératif à la française » en faisant le choix du bas vers le haut.

Cet article, publié dans le quotidien suisse Le Temps, qui reste d’une particulière actualité, promeut un « Fédéralisme », fidèle aux valeurs républicaines autant que révolutionnaires, dans le cadre d’une démocratie participative par agrégations. Comme en Suisse ? / Pierrick HAMON

Comme le souligne l’économiste Elie Cohen, s’il est un enseignement qui ressort avec évidence de la crise de la covide19, c’est que l’État français autoritaire, centralisateur et procédurier est à repenser. Cette  observation est largement partagée par des Français désormais plus ouverts à une évolution de leurs institutions. 

Emmanuel Macron avait, au début de son mandat, non sans audace, indiqué une vision girondine nouvelle, rapidement contrariée par les Gilets jaunes et les grandes grèves liées à la réforme des retraites puis dans les transports. 

Il a néanmoins, après avoir, comme jamais, débattu sur le terrain un peu partout et des semaines durant, invité les Français à se réinventer, y compris lui-même, avant d’annoncer des propositions fortes pour le « monde d’après ». 

La France des mille fromages mais aussi celle des mille syndicats, celle des fièvres hexagonales et corporatistes, où le moindre compromis est vécu comme une compromission, a commencé à regarder avec un intérêt nouveau les succès du système fédéral* basé sur la recherche du consensus. 

L’Allemagne voisine qui s’est reconstruite sur les décombres du nazisme, en faisant justement du consensus la vertu cardinale, mais aussi, la Confédération helvétique qui reste la référence démocratique ancienne et moderne à la fois, même s’il ne faut surtout se garder de toutes transpositions, doivent pouvoir nous inspirer, nous Français. 

De fait, le mot même de Fédéralisme que, jusqu’il y a peu, on osait à peine prononcer, ne fait plus peur. 

Après tout, n’est-ce pas le Général de Gaulle* qui, une fois réglée l’affaire algérienne, avait lui-même proposé de faire évoluer la Constitution de la Ve République avec la création de vraies régions et la mise en place d’une Participation au sein des entreprises, sorte de cogestion à l’allemande ? 

Le « Sénat » s’y était alors, déjà, opposé. Ce fut une immense occasion ratée, comme en 1793 lorsque la Convention proclama l’unité et l’indivisibilité de la République, en réaction aux fédéralistes girondins qui prônaient au contraire la référence à la constitution humaniste des États-Unis d’Amérique. 

Faut-il rappeler que la Fête nationale du 14 juillet ne doit rien à la prise de la Bastille, mais tout à cette fête de la Fédération de 1790 initiée par les Girondins ? On sait comment cela a débouché sur un bonapartisme qui imprègne encore profondément et culturellement la France d’aujourd’hui, avec une Éducation nationale toujours napoléonienne, et des préfets en uniforme, même si la Décentralisation lancée en 1981 a fait bouger les lignes.

Et puis, l’État français centralisé s’est paradoxalement et progressivement complexifié avec l’installation, en parallèle, d’une "organisation fonctionnelle", source de confusion et de plus de bureaucratie encore. Ainsi de la création d’une multitude d’établissements publics et d’agences en tous genres, dont le dernier avatar en fut l’installation d’agence régionales de santé (ARS) et la création plus récente d’une Agence nationale de cohésion des Territoires…

On peut comprendre que, dans le cadre du respect des institutions, Emmanuel Macron ait demandé aux présidents des trois chambres (Assemblée Nationale, Sénat et CESE) de lui présenter un diagnostic de sortie de crise. Mais on peut être assurés que les propositions fortes ne viendront pas de ce côté dans la mesure où ce sont ces institutions qui sont aussi en question.

Puisque le président de la République nous a convié à nous réinventer, imaginons enfin, dans le cadre d’une gouvernance à multi-niveaux cohérente, un « Fédéralisme coopératif à la française », un Fédéralisme fidèle aux valeurs républicaines autant que révolutionnaires, en ne se contentant pas de nouvelles lois de décentralisation – toujours du haut vers le bas :  -top down – mais en faisant le choix du bas vers le haut : bottom up -, celui d’une construction démocratique participative par agrégations ; comme en Suisse ? 

Mais cela suppose, et exige, la création d’un « vrai Sénat »* comme dans tous les États fédéraux du monde, et non pas celui créé en 1875 pour faire obstacle au retour de la République*. 

Voilà en tout cas, Monsieur Macron, une proposition forte, fondamentale, efficace et féconde, qui pourrait être enfin soumise aux Français par référendum et dont le résultat pourrait surprendre : le Fédéralisme coopératif.

Pierrick Hamon

ancien président et SG du FERAM, co-initiateur du think tank international I-Dialogos

https://www.letemps.ch/opinions/cest-moment-jamais-batir-un-federalisme-cooperatif-francaise 


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CONFLIT RUSSIE/UKRAINE: QUELLES SOLUTIONS ?

CONFLIT RUSSIE/UKRAINE: QUELLES SOLUTIONS ?

Qu'est-ce qui doit primer? Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, leur pleine souveraineté ou l'intangibilité des frontières? Prendre en compte la diversité des territoires et l'intérêt des populations ne nécessiterait il pas de poser la question du mode d'organisation institutionnelle des Etats ? / Jean-Claude MAIRAL


Jean-Claude Mairal, président de « Planète Jeunes reporters-Sur les pas d'Albert Londres », professeur de Philosophie et ancien président du Département de l'Allier, est cofondateur de I-Dialogos

Malgré les efforts diplomatiques de la France et de l'Allemagne pour éviter la guerre, Poutine a décidé d'envahir l'Ukraine. La condamnation est unanime, mais au-delà de celle-ci, quelles solutions pour mettre fin à cette invasion et à cet engrenage guerrier dangereux pour la paix en Europe et dans le Monde?


Avant d'essayer de répondre, faisons un détour par l'Histoire. Lors des guerres, ce sont toujours les populations civiles qui sont les 1ères victimes. Et les populations des pays vaincus, encore plus. On le sait fort bien, "malheur aux vaincus"! L'Histoire foisonne d'exemples. 

En Afrique où au 19ème siècle les puissances coloniales se sont partagées les territoires sans tenir compte des populations. Annexion de l'Alsace et de la Lorraine par l'Allemagne à l'issue de la guerre de 1870. Démembrement du royaume de Hongrie à la suite de la 1ère guerre mondiale, avec le rattachement de pans entiers de son territoire et de leurs populations à la Roumanie et à la Serbie.

 Rattachement des sudètes à majorité allemande, à la Tchécoslovaquie. La seconde guerre mondiale se traduira aussi par un redécoupage des frontières faisant fi des populations. 

La création de l'Etat d'Israël en Palestine à majorité arabe palestinienne en est l'exemple le plus marquant. 

Plus près de nous l'effondrement de l'URSS et la création de nouveaux Etats dont certains avec de fortes populations russes en leur sein, l'éclatement de l'ex-Yougoslavie avec d'importants déplacements de population. 

Bref des situations qui vont exacerber les nationalismes et les ressentiments, favorisant le déclenchement de guerres et de génocides. Le 20ème siècle foisonne de ces conflits de par le Monde. Et le 21ème siècle poursuit sur la même pente.Pourtant la charte des Nations Unies était sensée ouvrir une ère de paix et de stabilité. 

Ce n'est malheureusement pas le cas car on se heurte à une contradiction entre d'une part le droit des peuples à disposer d'eux mêmes et d'autre part l'intangibilité des frontières des Etats. L'intangibilité des frontières ne reconnaît pas le droit de populations d'un territoire à décider de leur avenir et de sortir de ces frontières, si elles le souhaitent. On l'a vu récemment avec les Catalans qui revendiquent leur indépendance. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres qui nourrissent le nationalisme. 

Nous sommes dans la même situation vis à vis des populations russophones de Crimée et du Donbass. Il ne s'agit pas de donner quitus à Poutine dans son action criminelle contre l'Etat souverain qu'est l'Ukraine, mais de se demander s'il ne serait pas temps de repenser la question du droit des peuples et de l'intangibilité des frontières d'un Etat. 

Qu'est-ce qui doit primer? Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, leur pleine souveraineté ou l'intangibilité des frontières? Prendre en compte la diversité des territoires et l'intérêt des populations ne nécessiterait il pas de poser la question du mode d'organisation institutionnelle des Etats: Autonomie des régions concernées, fédéralisme, décentralisation ou indépendance si tel est le souhait des populations? Concevoir la Nation comme un bloc monolithique en niant les particularismes ou concevoir une Nation unie dans la diversité de ses territoires et de ses populations? Autant de questions à se poser.


Pour revenir au Conflit Russie/Ukraine, on ne peut le comprendre sans faire un détour par l'Histoire du 20ème siècle: première guerre mondiale et création de l'URSS, seconde guerre mondiale et constitution du bloc de l'Est, guerre froide entre l'est et l'Ouest, création des blocs militaires avec l'OTAN et le pacte de Varsovie, course aux armements nucléaires, effondrement de l'URSS, émancipation des ex pays socialistes vis à vis de la Russie et triomphe de l'Occident sur l'ennemi communiste. 

1991 aurait pu permettre, comme c'était le souhait de Gorbatchev, la disparition définitive des blocs militaires et la création d'une Europe de paix et de coopération. Ce ne fut pas le cas. Qui en porte la responsabilité? 

L'Histoire tranchera!Mais cet espoir né en 1991 avec la disparition du mur de Berlin, de l'avènement d'une Europe de paix et de fraternité, est-il mort et enterré comme pourrait le laisser supposer la politique de Poutine et son agression de l'Ukraine?Certes, la colère est légitime face à l'attitude de Poutine, mais chacun au-delà des protestations et des condamnations, se pose la question, "que faire"?

Nombre de mesures seront prises pour venir en aide au peuple ukrainien et pour s'en prendre économiquement à la Russie. Mais il faut être conscient que les sanctions prises, mêmes les plus drastiques, ne suffiront pas à résoudre ce conflit.


Il n'y a pas 36 solutions pour faire face à une agression armée, soit on y répond par la guerre avec des conséquences terribles pour les populations civiles, soit on trouve une porte de sortie en renouant le dialogue par la poursuite des efforts diplomatiques mis en oeuvre par la France et l'Allemagne


Comme l'indique Vladimir Fédorovski, ancien diplomate soviétique,  artisan de la fin de la guerre froide sous Gorgatchev, il faut mettre en oeuvre ce que souhaitait Gorbatchev, à savoir un pacte européen de sécurité et de stabilité à l'échelle du continent européen et la fin des blocs militaires (Pacte de Varsovie et OTAN), facteurs de tensions ente l'Occident et l'URSS.

Deux organisations sont en capacité de favoriser une telle démarche et sortir des logiques des blocs militaires et politiques: l'OSCE (l'Organisation de sécurité et de coopération en Europe) fort de ses 57 états membres et le Conseil de l'Europe avec ses 47 états. La Russie et l'Ukraine siègent dans les 2 organismes.

- L'OSCE fruit de la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe débouchant sur l'acte final d'Helsinski (1975) et du forum multilatéral de dialogue et de négociation entre l'Est et l'Ouest avec la charte de Paris (1990), doit, sur la base de ses différentes chartes être le fer de lance de l'organisation d'une nouvelle conférence sur la sécurité en Europe.

- Le Conseil de l'Europe, 1ére construction européenne au sortir de la seconde guerre mondiale, avec ses institutions (l'Assemblée parlementaire avec des représentants de chaque pays, le congrès des pouvoirs locaux et régionaux avec des représentants de collectivités des pays, la conférence des ONG et ses 400 représentants) peut à la différence de l'Union Européenne, ne rayonnant que sur une partie de l'Europe, être ce lien entre tous les pays et peuples européens et jouer un rôle pour un avenir pacifique du continent.


La France et l'Allemagne membres de ces 2 organismes ont un rôle décisif à jouer pour renouer les fils du dialogue et sortir le continent européen de l'ornière et des affres de la guerre.


Jean-Claude MAIRAL 25-02-2022

Rappel historique in Revue HERODOTE =>

https://www.herodote.net/La_tragedie_russe_en_trois_actes_1991_2021_-article-2792.php 

Exemple de texte

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L’avenir de l’Union Européenne par les Régions.

L’avenir de l’Union Européenne par les Régions.

Le « soft power » européen est fondamentalement différent du « hard power » des Etats classiques. Face à la crise, le bon échelon, c’est la Région. / Pierrick HAMON

Co-fondateur de I-Dialogos, Pierrick Hamon, ancien Fonctionnaire territorial en Bretagne, et fondateur de l'ARRICOD  (association des directeurs des relations internationales des collectivités territoriales) est ancien président et Secrétaire Général du FERAM, et cofondateur du Global Local Forum. Il a travaillé au Ministère des Affaires étrangères à Paris, puis aux Nations Unies à Genève et, enfin, au Comité des Régions de l'Union européenne à Bruxelles. Il a, par ailleurs et durant de nombreuses années,  assuré des fonctions d'éditorialiste. 

Abstract : The european « soft power » is fundamentally different of the traditional « hard power » of States. From the Maastricht Treaty to the Lisbon Treaty, the european Regions see their role increasingly recognized as a particular factor of the democratization and the efficiency of the european institutions which are often seen as remote and disconnected from the realities of peoples. The Committee of the Regions has a potential and influence which depends of its ability to define a real political ambition as part of a community approach. Facing the crisis, the right level, it’s Region. 

Résumé : Le « soft power » européen est fondamentalement différent du « hard power » des Etats classiques. Du Traité de Maastricht à celui de Lisbonne, les Régions voient leur rôle de plus en plus reconnu notamment comme facteur de démocratisation et d’efficience d’institutions européennes qui sont souvent perçues comme distantes et déconnectées des réalités quotidiennes des peuples. Le Comité des Régions dispose désormais d’un potentiel et d’une influence qui dépendront de sa capacité à définir une vraie ambition politique dans le cadre d’une approche résolument communautaire. Face à la crise, le bon échelon, c’est la Région.


Poser la question revient, de fait, à poser celle de la nature même de l’Union Européenne ; c’est aussi une question qui ne peut ignorer tant les processus de mondialisation et de décentralisation en cours, que la crise économique du moment. L’Union européenne ne se caractérise t-elle pas d’abord par le fait qu’elle est une construction continue et toujours  inachevée ?  

Cela peut certes constituer un frein mais c’est sans doute aussi un atout dans la mesure où elle prouve ainsi son indéniable capacité d’adaptation et donc d’innovation. Paradoxalement, ce sont les crises qui font avancer la construction européenne. Espérons que l'avenir ne nous démentira pas. Cette progressivité est d'ailleurs conforme au propos de Robert Schuman, l'un des pères fondateurs, maintes fois cité : « l’Europe ne se fera pas d’un coup ni dans  une construction a priori, mais bien par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait ».



L’Union Européenne constitue ainsi une entité sui generis, une sorte d’organisation internationale  originale et nouvelle, réunissant des Etats et des peuples, quelque part entre la Confédération et le Fédéralisme. Mais c’est sans doute, aussi, ce qui fait sa faiblesse. 

Elle est souvent mal comprise par des citoyens qui considèrent généralement le fonctionnement des institutions européennes sous le prisme de leur propre expérience étatique. Hors celles-ci varient considérablement d’un Etat à l’autre. Les institutions européennes sont fondamentalement différentes du jacobinisme qui reste une marque typiquement française.

Mais cela bouge et, paradoxalement, c’est cette conception moins idéologique et plus pragmatique qui commence ainsi, petit à petit,  à influencer l’ensemble des pouvoirs publics, notamment locaux et régionaux, moins méfiants à l’égard de Bruxelles. 

Faut il rappeler que les états-nations se sont tout de même constitués en Europe en écrasant les identités et qu'ils furent à l’origine - avec d’autres certes - des pires totalitarismes ?  Il s'agit donc d'un vrai malentendu. Les Français, donc plus habitués à un système politique pyramidal, à un régime quasi présidentiel, ont ainsi quelque difficulté à accepter la reconnaissance de la culture du lobbying et préfèrent manifester une fois que les choix ont été fait plutôt que d'agir en amont. 

Le soft power européen est en effet  fondamentalement différent du hard power des Etats classiques. L’Union européenne n’est pas un super Etat à la manière des Etats Unis d’Amérique. 

C’est la recherche de consensus qui a longtemps présidé a ses destinées car la diversité culturelle et institutionnelle est sa marque de fabrique. Les Députés européens les plus hostiles à l'UE, et à sa technocratie, sont aussi ceux qui, paradoxalement, se font remarquer par leur absence. 

Et pourtant, la technocratie bruxelloise n'a rien a envier aux  technocrates français.  L’ENA et le système si particulier des  « grands corps » constituent une spécificité qui, en dépit de quelues atouts, et malgré un déménagement imposé à Strasbourg, n’ont pas vraiment convaincu l’administration bruxelloise. Cela doit il nous rassurer ? Probablement.

Quelles Régions pour quel Etat ?

La conception de l’état-nation est néanmoins en train d’évoluer au profit d’une conception plus « managériale», pour reprendre cette observation d’un analyste de la Banque mondiale. L’Etat deviendrait donc le « manager » des pouvoirs publics ou, pour reprendre la formule du moment, il deviendrait un Etat « stratège » ... plus proche de la conception libérale européenne.

C'est cette conception managériale qui conduit à imaginer et à construire un système politique débarrassé de ses  anciens monopoles, au bénéfice d’une approche dite à multi niveaux ( multilevel governance) qui entend associer tous les niveaux de décisions : du local au global.  Les Régions sont ainsi au cœur de cette évolution institutionnelle. 

Il ne s'agit pas d’isoler les compétences pour chaque niveau - communes, départements ou provinces, régions, États, Union européenne - mais de partir du principe que les politiques publiques se doivent d’être conçues et mises en œuvre de manière coordonnée ou, au moins, articulée, avec et entre les différents niveaux de gouvernance. 

Cette approche concerne tous les Etats,  qu’ils soient unitaires ou fédéraux, et ceci de manière contractuelle et dans le respect de l'autonomie bien comprise de chacun.

 Depuis les années 90, les États se sont mis à "décentraliser" avec plus ou moins d’intensité et à transférer des pouvoirs politiques et administratifs ainsi que des ressources financières aux niveaux sub-nationaux, villes et régions.

Cette vague de décentralisations s'est produite aussi bien dans des états fédéraux que dans les états unitaires comme la France, dans des états industrialisés aussi bien que dans des états qui le sont moins.  Parmi les causes de cette évolution qui participe à une tendance mondiale, la régionalisation économique et l'urbanisation occupent une place centrale. 

La décentralisation vise certes à plus de démocratie par la proximité qu'elle suppose, mais aussi et peut-être surtout, elle vise à inciter les niveaux politiques sub-nationaux à jouer un rôle économique plus actif, et singulièrement quand il s'agit d'attirer de nouvelles implantations d'entreprises, de promouvoir les échanges commerciaux, de moderniser les infrastructures et de revaloriser les ressources humaines ; bref de construire de vraies politiques publiques de développement qui ne laissent pas le marché décider de tout.



Il n'est pas inutile de rappeler que la crise actuelle résulte sans doute plus de la défaillance des Etats que des dysfonctionnements de l’UE, d’autant que l’approche communautaire a été paradoxalement délaissée ces temps derniers au profit d’une approche intergouvernementale. 

C’est cette gestion intergouvernementale qui affaiblit la capacité de réponse collective indispensable, comme on l'a vu  à l'occasion de la réunion du G20 où l'Europe a été priée de reprendre la voie communautaire pour parler d'une même voix  et agir de manière plus homogène. 

La Crise, qui est donc moins celle de l'UE que celle des  Etats membres, a en effet mis clairement en relief le poids de l'interdépendance économique, financière et politique, ainsi que la compétition et la coopération qui se sont accentuées ces dernières décennies entre les États,  les organisations internationales,  les entreprises multinationales et les marchés financiers.  La mondialisation, très différente, par sa nature et sa portée, de l'internationalisation économique de la fin du 19ème siècle*, se définit comme un processus essentiellement économique qui se caractérise avant tout par une intégration sans frontières des marchés de biens, de services et de capitaux. 

De grandes entreprises multinationales opèrent à travers le globe en créant de réseaux internationaux de production et de distribution. Les échanges commerciaux internationaux s'intensifient  et englobent non seulement les produits intra-industries des multinationales mais aussi les marchandises produites par des petites et moyennes entreprises hautement spécialisées. A moyen terme, les conséquences ne seront probablement pas favorables au développement des "territoires"..  

Les nouvelles technologies d'information et de communication et un système mondial de transport rapide font de la mobilité des personnes, des produits et des capitaux un élément-clé de ce processus de mondialisation. 

Une reconnaissance des territoires favorable au développement ?



Dans le même temps, le développement économique se manifeste à travers une régionalisation et une urbanisation croissantes. C'est donc une nouvelle organisation de l'espace économique qui se met en place avec une reconnaissance nouvelle des territoires. 

L'émergence de clusters économiques et de réseaux internationaux de distribution renforce le rôle de l'échelle régionale. La politique d'implantation des entreprises s'intéresse d'avantage à des facteurs régionaux pouvant créer un environnement favorable à leurs activités et réduire leurs frais de transactions, par exemple par des  infrastructures bien développées, la présence d'industries et de services complémentaires, des centres universitaires dynamiques et reconnus ou bien  la disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée. 

En Europe, près de 70 % de l’investissement public est géré par les administrations sub-nationales.Les processus de décentralisation urbaine et régionale prennent certes des formes variables mais le mouvement engagé  est  irréversible, même si, ici ou là, on assiste à des retours en arrière. Ceux-ci sont justement et souvent  la conséquence d'un manque d'articulation entre les différents niveaux. 

Les débats en France sur la modernisation de l’Etat autour d’une décentralisation inachevée, et même contestée, traduisent, d'une certaine manière,  cette préoccupation.La question de la spécialisation par niveau a-t-elle d'ailleurs un sens ? 

Le problème réel des financements croisés est il une question d'articulation ou de compétence générale ? Le Gouvernement a, parmi ses priorités, annoncé une nouvelle étape décisive sur le chemin de la décentralisation.  Saura t-il éviter les pressions des nombreuses associations d’élus qui ne tiennent pas toutes à bouleverser l’existant ?

L'émergence du fait régional constitue pourtant une évidence qu'il convient de reconnaitre et de renforcer tout en recherchant les équilibres indispensable à un bon développement. Pour l’économiste Patrick Artus, pas de doutes possibles : « le bon échelon contre la désindustrialisation, c’est la région » (1) .


Une nouvelle fondée sur les équilibres régionaux

La mise en œuvre des politiques européennes a longtemps été perçue comme reposant, et ce n’est pas faux, sur une approche descendante de type top-down, avec une Commission Européenne omniprésente. 

C'est pourtant cette dernière qui, partant de ce constat, et à l'initiative de Jacques Delors dans le cadre de l'Acte Unique de 1986, a lancé une politique régionale volontariste dont la raison première était, avec l'arrivée de nouveaux Etats membres, de corriger les inégalités territoriales et d’encourager les dynamiques créatrices et innovatrices.  Elle a en bonne partie réussie.

L’UE comprend aujourd'hui 271 régions aux niveaux de développement des plus inégal. La politique régionale de l’Union Européenne, autrement appelée Politique de cohésion économique, sociale et territoriale, avait ainsi posé pour objectif l’harmonisation et la cohésion dans le développement des régions européennes. 

C’est 46,6% des fonds communautaires qui sont destinés à la politique de cohésion et de compétitivité (désormais le 1er poste budgétaire), une politique conduite essentiellement par les Collectivités territoriales qui mettent en œuvre environ les deux tiers de la législation communautaire.

Les fonds structurels ont constitué l’instrument principal de mise en œuvre de cette politique régionale. Le Fonds européen de développement régional (FEDER) entendait réduire les disparités régionales dans l’Union et encourager le développement et la reconversion des régions. Le Fonds social européen (FSE) avait été chargé de prévenir et lutter contre le chômage. L’Union européenne (UE) avait, à cet effet, institué en 1994 un fonds de cohésion destiné aux pays dont le revenu national brut par habitant était inférieur de 90 % à la moyenne communautaire.

Depuis 2000, les programmations se font désormais sur 7 ans. La France s’est alignée sur ce calendrier dans le cadre des contrats de plan Etat-Région devenus les contrats de projets Etat-Région  pour mieux articuler les démarches et mieux peser dans les relations entre les régions et l’Europe. Entre 2000 et 2006, près de 140 000 projets ont reçu une contribution d’un des fonds dont l’effet levier est en général reconnu.Comme pour la politique agricole commune (la PAC), la Commission européenne a lancé une vaste concertation qui a débouché en 2009 sur la publication d'un Livre Vert sur la cohésion territoriale. 

Le Rapporteur,  Fabrizio Barca, économiste du Gouvernement italien, y insistait sur la nécessité d’adopter une politique de cohésion pilotée au niveau européen et, ce qui est nouveau,  mise en œuvre au niveau régional. Ce Livre Vert était complété par les recommandations essentielles présentées par Marie-Thérèse Sanchez-Schmid au Parlement européen et par Michel Delebarre au Comité des Régions. 

Celles-ci sont relatives au renforcement de la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale (objectif 3 (1) de la politique de cohésion) dans le cadre d’une nouvelle politique territoriale européenne.

Enfin,  le Traité de Lisbonne marque une étape déterminante en donnant une voix et un visage à l’Union Européenne avec un Président du Conseil Européen. Il reconnaît surtout, et pour la 1ère fois, et explicitement, le principe d’autonomie locale et régionale. L’article 4 stipule en effet que  l’Union respecte l’égalité des Etats membres devant les traités ainsi que leur identité nationale, inhérentes à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, y compris en ce qui concerne l’autonomie locale et régionale . 

C’est cette autonomie qui est désormais considérée comme principe fondamental de tout régime démocratique, à commencer par celle/celles  de l’Union européenne.Vers un Sénat des Régions européennes ?

Absentes du processus institutionnel initial, les collectivités territoriales ont donc vu leur rôle progressivement renforcé depuis la signature du Traité de Maastricht en 1992. C’est ce Traité initiateur qui avait  institué une nouvelle institution à coté du Conseil, de la Commission et du Parlement : le Comité des Régions (CDR) de l’UE, mis en place en 1994. 

Le CDR, qui réunit des représentants, non seulement des régions mais aussi de tous les autres niveaux de collectivités, est encore loin de la proposition, alors iconoclaste, de Denis de Rougemont, le fédéraliste et régionaliste, de création d’un véritable Sénat des Régions. Il n’empêche, le Comité des Régions dispose désormais d’un potentiel et d’une capacité d’influence qui dépendront principalement de la volonté de ses membres.

Le renforcement des régions et des villes dans la gouvernance européenne s’inscrit dans un contexte où les citoyens européens perçoivent encore trop souvent la prise de décision par les institutions européennes comme distante et souvent déconnectée de leurs préoccupations réelles ou de leurs priorités. Il vise ainsi à renforcer la légitimité et l’efficacité de l’action communautaire. La création du  CDR constitue, en ce sens, une manière d’accroître la légitimité démocratique en essayant de rapprocher davantage l’UE des citoyens, par l’intermédiaire des élus locaux. 

Si cette Assemblée a un rôle surtout consultatif, son pouvoir d'initiative est très large. Il est lié à tous les domaines de compétence des collectivités territoriales. Désormais, le CDR peut saisir la Cour européenne de justice s’il estime ne pas avoir été consulté sur de domaines concernant les collectivités ou parce que le principe de subsidiarité ne lui semble pas avoir été respecté. 

Ce principe signifie que les décisions doivent être prises au niveau le plus proche du citoyen. La France et les pays Bas avait en outre  obtenu, au moment des débats parlementaires, que soit reconnue l’importance des services d’intérêt général en mentionnant notamment  le rôle essentiel et la grande marge de manœuvre des autorités nationales, régionales et locales  pour l’organisation et la fourniture des services publics d’intérêt économique général. Cette disposition, qui donne une base juridique à une législation transversale sur les services d’intérêt général, répond ainsi aux préoccupations des villes et régions relayées par le CDR.

 Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne les dirigeants européens s'étaient  fixés pour objectif de faire de l’Europe "l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde". 

Cette initiative probablement trop ambitieuse car déconnectée du terrain et sans lien avec les collectivités de proximité et leurs Universités, constituait néanmoins déjà une stratégie globale pour la croissance et pour l'emploi, les politiques d'intégration et de cohésion, les politiques en faveur de l'innovation et du  développement durable. Danuta Hubner, alors Commissaire européen, qui en avait fait l’observation, avait  souligné que les Régions allaient désormais pouvoir devenir des Acteurs clés sur la scène européenne, et même mondiale, pour relever la plupart des défis économiques, sociaux et environnementaux que  la planète doit affronter. « Je suis convaincue, avait elle indiqué,  que ces défis requièrent des solutions régionales et locales. En d’autres termes, nous avons besoin de penser mondialement et d’agir localement ».

La politique de cohésion territoriale est donc plus qu’un outil au service d’une stratégie, il donne une dimension politique en incluant les collectivités locales et régionales dans l’élaboration et la prise de décision à l’échelle européenne.
Pour Michel Delebarre (3),ancien président du CDR et de la Région NPDC, président du Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) West-Vlaanderen/Flandre-Côte d'Opale, ces changements signifient que le Comité des Régions, qui est une assemblée encore jeune, en font bien plus qu'un simple organe consultatif.

Question de volonté ?  assurément. Il appartient à ses membres, de démontrer que le Comité des Régions, n’est plus le « tigre de papier » évoqué par ses détracteurs.  

Après tout, la communication de la Commission « Europe 2020  : stratégie pour une croissante intelligente, durable et inclusive (4) » s’adressait principalement aux régions. A elles alors de montrer que, aux cotés des Etats et des autres institutions de l’Union, elles sont capables de participer à cette ambition stratégique.  La démonstration reste à faire….

Nul doute que les Etats et Régions « des  Suds » resteront particulièrement attentifs à cette dynamique qui intéresse le nouveau Conseil des Collectivités Territoriales des Etats de l’Afrique de l’Ouest. (5)

Pierrick HAMON, alors Secrétaire Général du Global Local Forum

* : Contribution au Colloque international de juin 2012
 à l’Université Paul Valery, Montpellier 3 1) La Gazette des communes, janvier 2012
2) Objectif 1 : Convergences et rattrapage économique / Objectif 2 : Compétitivité régionale et emploi / Objectif 3 : Coopération territoriale.
3) Michel Delebarre est aussi Président de la Mission Opérationnelle Transfrontalière et sénateur-maire de Dunkerque.
4) Les signes de retour  à la fragmentation sont pourtant déjà visibles. Comment interpréter autrement la demande française de reconnaissance des collectivités intermédiaires (départements et provinces) ?
5)  Le CCT/UEMOA a été installé le 11 avril 2012 sous la présidence de son Excellence, Monsieur Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger, sous le parrainage de Madame Mercedes BRESSO, Présidente du Comité des Régions (CDR) de l’Union européenne* 

Merci à mon collègue et ami Manfred Degen, du Comité des Régions,  dont j’ai largement repris les analyses économiques. Ma gratitude aux organisateurs, les professeurs Jean-Marie MIOSSEC, Amadou DIOP et Monique GHERZADI de l'Université Paul Valery, pour leur confiance.

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Une histoire pacifiée est possible

Une histoire pacifiée est possible

Les bouleversements politiques et religieux ont créé au cours de l'histoire des situations inextricables que nous n'avons jamais réussi a débloquer. L'urgence est de retrouver la vigilance indispensable avec une prise de conscience sur ce qui se passe autour de nous. / Ali SEDJARI

Quand on fait une lecture historique de l'évolution du monde dans lequel nous vivons, j ai le sentiment que la violence reste la marque de fabrique privilégiée des États, des idéologies, des sociétés et des politiques. 

Le XXeme siecle nous a laissé un bilan affligeant marqué par des luttes atroces entre le communisme et l'anticommunisme: des génocides, des meurtres, des décapitations, des massacres, des exactions de toutes sortes ici et la, des exterminations d intellectuels, de communautés, des chasses aux sorcières contre certaines élites et des coups d État militaires qui ont semé la peur et la torpeur en Europe, en Asie, en Amérique latine, en Afrique et au Moyen Orient. Sans oublier tout un ensemble de faillites morales et de trahisons multiples. 

Aujourd'hui, le XXI siècle ne présente pas non plus un spectacle reluisant. La violence à changé de main et de couleur. Il y a deux types de révolutions qui s'affrontent en conduisant l'Humanité à un désastre certain. 

La révolution populis-conservatrice, menée un peu partout en Europe et en Amérique, qui cherche à transformer les rapports du monde principalement au niveau économique et géopolitique. Elle cherche à se libérer des contraintes de l'État providence pour mettre en place les fondements d'un nationalisme étriqué et cloisonné. 

La seconde révolution est de nature religieuse traduisant la suprématie de la religion sur la politique, le communautarisme sur le nationalisme et la morale sur la politique. Elle est conduite par ces mouvements dits intégristes qui prennent de l'ampleur dans le monde et qui ont développé des formes de combats et d'actions inédites et déconcertantes: égorgement au couteau, enlèvements de groupes d'écoliers et de leur réduction en esclavage, vente des femmes, dynamitage d'un monument antique, résurrection de doctrines haineuses, attaques par voitures et camions piégés, tueries en masse dans des stades de foot, dans des salles de spectacles, de loisirs, de promenades, dans les aéroports, les gares, les églises et ailleurs... 

On remarquera que ces deux révolutions, aux objectifs opposés, ont ceci de commun: l'identitatisme, souvent fondé sur la religion, la nation, la terre, la civilisation, la race ou un mélange de tout cela. Ce qui m amène à dire que notre terre va continuer à trembler et que l'histoire humaine est loin de connaître des longs moments de trêve et de paix même si le progrès humain ne cesse d'avancer et la technologie prospérer. 

Y a t il un mot juste pour qualifier ce changement du monde.? Retournement, régression décomposition, décadence, diversion, égarement, rupture, désintégration... Aucun pour une raison bien simple c'est que nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Les bouleversements politiques et religieux, qui continuent de nous empoisonner la vie, ont créé au cours de l'histoire des situations inextricables que nous n'avons jamais essayé a débloquer. Nous étions toujours passifs face à la montée des fascismes et des dictatures, des populisme et des intégristes, moins vigilants sur les abus et les injustices, moins vigilants sur les déviances et les exactions, moins vigilants sur l'absence des libertés et des droits, moins vigilants quand les
systèmes politiques nous traitent comme sujets et non des individus, moins vigilants quand les technologies empiètent sur notre vie privée, moins vigilants quand la démocratie est détournée à des fins d'instrumentalisation et de domination, moins vigilants quand les pouvoirs publics votent de très mauvaises lois ou les modifient dans un sens plus autoritaire et plus expéditif, moins vigilants quand les médiocres et les incompétents confisquent les réseaux du pouvoir, moins vigilants au sens d une dérive morale et sociale, moins vigilants face à l’absence de conscience et au sens de devoirs et d'obligations....moins vigilants face à la régression des systèmes d'éducation et de formation. 

L'urgence est de retrouver cette vigilance et d'avoir une prise de conscience forte sur ce qui se passe autour de nous. Et dans ce cas, on pourrait contribuer à créer collectivement la métamorphose pour une histoire apaisée et humaine.

Rabat, 27 février 2022

Ali SEDJARI
Professeur des universités
Faculté de Droit-Agdal
Rabat MAROC

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Kissinger Calls for U.S., China to Remain in Dialogue

Kissinger Calls for U.S., China to Remain in Dialogue

Henry Kissinger Calls for U.S., China to Remain in Dialogue In Wall street journal. Feb 24, 2022 at 8:15 pm ET

Retired U.S. statesman Henry Kissinger called on Washington and Beijing to remain in “permanent dialogue” and adopt “restrained conduct,” according to remarks broadcast Thursday but recorded before Russia’s incursion into Ukraine. Speaking at an event timed to the 50th anniversary of U.S. President Richard Nixon’s visit to China that opened relations between the countries, Mr. Kissinger acknowledged that Sino-U.S. relations are at a weak point. 

His comments were recorded on Feb. 20, according to the New York-based National Committee on United States-China Relations, a co-organizer of the event, which featured speakers in both countries. 

Mr. Kissinger didn’t touch on a joint statement Russian President Vladimir Putin and Chinese leader Xi Jinping signed on Feb. 4 that pledged a new era of cooperation between the countries. 

As U.S. secretary of state, Mr. Kissinger secretly went to China to negotiate Mr. Nixon’s breakthrough February 1972 visit and forged a joint statement with Mao Zedong’s right-hand man, Zhou Enlai. That pivotal document, known as the Shanghai Communiqué, led to the restoration of U.S. diplomatic recognition of China several years later. 

“We are meeting at a moment when it is not always one of cooperation between China and the United States,” Mr. Kissinger said in his remarks. 

“I simply want to say that the safety of the world depends on the two most advanced countries, technological countries, to remain in permanent dialogue and to attempt and achieve settlement of their disagreements in a cooperative attitude. 

Those are the key issues of our times.” He added, “the key to international order is restrained conduct and peaceful discussion between these two great societies.” Though Mr. Kissinger recorded his brief address days before Russia’s invasion of Ukraine, he made no mention of its military buildup along Ukraine’s border, which was by then well known.

 https://www.wsj.com/livecoverage/russia-ukraine-latest-news/card/kissinger-calls-for-u-s-china-to-remain-in-dialogue-My82x9RQ1nRIm3y2bnuK

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Crise de la pensée ou crise de gouvernance ?  (suite)

Crise de la pensée ou crise de gouvernance ? (suite)

le vivre-ensemble est devenu problématique..

Crise de la pensée ou crise de gouvernance ?   Ali SEDJARI est professeur à l’Université Mohammed V à Rabat (Maroc), président du CERIPP 

Tout le monde est convaincu que le monde va mal à cause de toute une série de crises qui le caractérise (crise économique, politique, sociale, culturelles, éthiques et religieuse) mais la plus grave des crises est celle qui concerne le vivre-ensemble et, de manière explicite, la crise des valeurs, les risques du non-dialogue, l’absence de sagesse, l’émergence d’un environnement hostile et conflictuelle. Disons tout simplement que le vivre-ensemble est devenu problématique.

Ce « vivre-ensemble » s’oppose t-il à refaire société ou à repenser le monde ? 

A travers ces trois expressions se définissent les termes d’un débat. D’un coté, l’appartenance à une société est ce qui permet d’accepter les différences. De l’autre, l’idée que le monde est une patrie collective impose des accommodements raisonnables et un positionnement intelligent par rapport à l’altérité. Que ce soit avec la société ou avec le monde, l’humain doit faire preuve de son humanisme et de sagesse en transcendant les particularismes, les différences et partager avec les autres les valeurs communes. 

A l’heure des stratégies de la discorde, des politiques de division et de ségrégation, des chocs culturels et des « identités meurtrières », des intégrismes et des radicalités, comment faire pour réconcilier les êtres humains entre eux-mêmes, reconstruire quelque chose de possible et exploiter de nouvelles logiques qui provoquent le succès pour un « vivre-ensemble » apaisé et humain, de ce qu’on peut nommer « l’espérance possible ». N’est-elle pas une invitation à travailler sur les deux niveaux de socialité à savoir la société d’une part et le monde d’autre part. Toute une réflexion est à faire en s’appuyant sur des innovations importantes : la clarification du système de valeurs, le processus de transmission et d’incorporation des valeurs, la mobilisation du système d’éducation et de formation basé sur les valeurs, la constitution des chaines de valeurs que chaque nation devrait introduire dans son corpus juridique et normatif. Force est de constater qu’il y a un énorme travail à faire pour arrêter les tendances de dislocation et les facteurs de désagrégation des communautés humaines, car la modernité qui se développe à grande échelle porte en elle-même les germes de la déstructuration humaine. Quel paradoxe ! 

Les dangers d’une modernité inégale et conflictuelle  

En fait, la crise qui caractérise notre société contemporaine n’est rien d’autre qu’un problème de « lien ». On vit en effet une époque où les individus sont principalement liés par des rapports de consumérisme et d’argent, de profit et d’exploitation, qui sont aussi souvent un asservissement. Ajouter à cela que les replis identitaires se développent à une cadence effrénée. Ils sont le symptôme d’un modèle politique en panne. Et partout, les modèles d’intégration sociale et de coopération ont échoué en laissant la place à l’emmurement, à la xénophobie, au ressentiment, à la haine et au rejet.

 L’étranger est stigmatisé, détesté et mis à mal dans sa vie quotidienne ; le voisin est jalousé, mal aimé ou mal respecté, les familles s’entredéchirent à propos des choses matérielles. Les stéréotypes et les préjugés font rage. Le dénigrement masque la haine et le ressentiment. La diabolisation de l’Islam dans de nombreux pays d’Europe est un fait acquis et engendre des tensions violentes. Et de l’autre coté l’islamisme galope et ses adeptes gagnent de plus en plus la bataille théologique, idéologique et culturelle est parce qu’ils sont les seuls à la mener. 

Sur Internet, ou sont les jeunes, la situation est catastrophique, 80% de l’offre y est salafiste. Ils ont gagné aussi la bataille des idées. Le halal est l’un des marqueurs de cette progression de l’islamisme. Le voile, qui se généralise de plus en plus, symbolise la soumission et la dérégulation de la relation entre les hommes et les femmes, un musulman n’est pas forcement islamisé, c’est une construction idéologique.  Certains, les plus humanistes parmi nous, pensent peut être à une institution imaginaire de la société, mais cet objectif est loin d’être atteint en raison de la germination de tout un ensemble de valeurs rétrogrades, régressives et aliénantes. 

Aujourd’hui hélas, le seul internationalisme non revendiqué est représenté par le « capitalisme des catastrophes » et l’idéologie des intégristes. Les systèmes démocratiques sont partout en crise ; les sociétés sont déboussolées et les jeunes sans repères ; ils ne savent plus où se donner la tête ; le désenchantement est général. Bien plus, la répartition de plus en plus inégale des richesses ne constitue-t-elle pas le principal frein au « vivre-ensemble » ? 

Le retour à la guerre des religions n’est-il pas le signe d’une régression aux conséquences imprévisibles ? L’angoisse est aussi grande à cause de l’éclosion du terrorisme, du populisme, de l’intégrisme, sous toutes ses formes, et, plus récemment encore, de l’immigration qui a enclenché, dans de nombreux pays dits démocratiques, une vague surprenante de rejet et d’hostilité, souvent légitimée par la loi et le droit. Ainsi, cette situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui n’est que la conséquence de la crise des valeurs que nous observons. 

La question des valeurs est une constante de l’histoire, c’est l’une des questions centrales de notre temporalité actuelle. Il est courant en effet d’entendre des discours inquiets sur la « perte des valeurs », la « perte des repères », la « crise des valeurs » et la dégradation humaine de notre civilisation actuelle. Cette crise axiologique fait partie d’une crise systémique globale, affectant sensiblement les équilibres sociétaux et moraux de la vie humaine et met notre devenir commun en péril. L’inquiétude est grandissante et il va falloir que nous réfléchissions ensemble sur les outils et les moyens pour recréer le lien à partir des valeurs civilisationnelles communes. Mais que signifie tout d’abord le « vivre-ensemble » ? 

Le vivre-ensemble face aux défaillances des politiques publiques et du droit

Le vivre-ensemble est le fondement de la vie sociale ; c’est la condition de la cohésion d’une société. On se réfère souvent à la formule de Renan selon laquelle c’est le sentiment de manifester un désir de vivre avec les autres, d’avoir le goût de construire ensemble et une volonté consciente d’être ensemble, de vivre en harmonie avec le voisin, le compatriote, l’étranger et, de manière générale, avec l’Autre tout simplement quel que soit son appartenance politique, idéologique ou religieuse. 

Sénèque disait de son coté : « Les Autres ne méritent d’être fréquentés qu’à partir du moment où on peut créer quelque chose ensemble ». Si on définit le « vivre-ensemble » comme étant un concept qui exprime les liens pacifiques de bonne entente qu’entretiennent les personnes, les peuples ou les ethnies avec d’autres, dans leur environnement de vie ou leur territoire, nous sommes loin de cette vision idyllique, car notre société-monde est traversée par des déchirements profonds, des déséquilibres considérables, des violences inimaginables, des animosités effrayantes et des détestations épidermiques. De même, si le « vivre-ensemble » est décliné en un certain nombre de principes –promouvoir des valeurs, développer la solidarité, réorganiser notre vie commune sur la terre, former la citoyenneté, prévenir les conflits, respecter les cultures et les religions, renforcer la volonté des individus à être des acteurs, apprendre à chacun à se reconnaître en l’Autre, être tolérant-, il est partout remis en cause et personne ne sait comment faire pour éviter l’écroulement politique et éthique de notre monde actuel . 

Disons en un mot que si le « vivre-ensemble » est une condition de la cohésion d’une société, il est de plus en plus sacrifié au bénéfice des idées discriminatoires, racistes, stigmatisantes et sectaires. La crise est profonde et ses dommages sont collatéraux. Contentons-nous de citer deux seulement : le premier, c’est que certaines minorités ou communautés vont servir idéalement de boucs émissaires et d’épouvantails à cause de l’Altérité qu’elles proposent. 

Le deuxième dommage collatéral de l’absence de projet de société est le repli communautaire qui met en branle l’équilibre des Nations et des Etats. Le « vivre-ensemble » c’est tout cela à la fois, car une société humaine ne peut être soudée et forte que si les groupes humains qui la constituent ne vivent pas retranchés dans de pseudo-identités de substitution, s’excluant les unes les autres. 

Le respect des différences, des particularismes et des croyances de chacun est une condition nécessaire pour parvenir à la cohésion sociale ; il est donc nécessaire d’avoir la conviction d’une unité de destin pour faire quelque chose ensemble, pour construire une nation vivante et prospère, humaine et civilisée. Cela s’appelle l’histoire. Mais l’histoire a besoin d’une accumulation de valeurs partagées et de perspectives humaines durables qui ont besoin de s’appuyer sur des institutions efficaces, démocratiques et durables. Cela résulte naturellement de l’action de l’Etat et de la production des politiques publiques. 

On arrive alors à la question essentielle du rôle du politique dans la protection des valeurs et du droit dans la construction du « vivre-ensemble ». Or, toutes les difficultés qui entravent le paradigme du « vivre-ensemble » sont généralement inhérentes à la faiblesse de l’action publique, aux ambigüités des politiques publiques et à la défaillance de la loi et du droit. Que l’on ne soit pas surpris : l’Etat est défaillant face à ses responsabilités. Les modes de gouvernance dominants ont vacillé vers le laisser-aller et le laisser-faire; les élites politiques et sociales dans certains pays ne donnent pas l’exemple ; les intellectuels et les éducateurs n’assument pas le rôle qui leur échoit ; les médias font l’impasse sur l’essentiel et s’occupent plus des faits divers que de la sensibilisation des citoyens autour des valeurs. 

Ce qui se passe sous nos yeux aujourd’hui un peu partout dans le monde est effrayant ; nous sommes apeurés, angoissés et perturbés par la montée en puissance des violences, des guerres, des conflits, des tensions, des inégalités, des discriminations, des injustices, des incivilités, des hostilités, des racismes et du rejet de l’Autre. 

L’hyper individualisme, le communautarisme, l’identitarisme, l’atomisation des sociétés et les guerres de religion sont la marque de ce siècle. De nos jours, que peut signifier le vivre-ensemble chez des citoyens vulnérables, touchés par le chômage, la discrimination, l’humiliation, la hogra, l’absence de repères, l’oisiveté, la relégation et l’incertitude face à l’avenir ? La question est d’importance puisqu’une société qui perd le sens du « vivre-ensemble » est une société condamnée, déshumanisée et disloquée. Les débats et les polémiques qui agitent les pays européens à propos des musulmans, des réfugiés, des immigrés et des minorités posent la question du vivre-ensemble. 

Chez nous aussi, au Maroc, comme chez nos voisins de la région, le malaise social est aussi profond et menaçant à moyen et long termes à cause de toute une série de fractures et de conflits religieux et communautaires, de malentendus politiques et de conflits territoriaux à n’en plus finir. A la faveur de ces crises, nous voyons apparaître partout dans le monde des tendances régressives, des groupes sociaux fondés sur la tentation de réhabiliter les identités, de s’accrocher aux fermetures du communautarisme, au rejet de l’Autre, à la peur, à l’angoisse et, pire encore, à la haine, tendances à la fois légitimes et illégitimes. Ce danger existe ; on le vit au quotidien à travers la dictature des faits divers et la marchandisation des angoisses par le canal des médias, des réseaux sociaux qui, tous, nous renvoient en temps réel des images tragiques et violentes (viols, assassinats collectifs, tueries, crimes organisés, violences diverses…) plaçant le citoyen dans un état permanent de peur et de terreur. Bien plus, la montée en puissance des radicalités, du populisme et de la démagogie, de l’intégrisme et du terrorisme ravive les angoisses, fait monter le niveau de la peur et de la haine exprimée par un vocabulaire agressif et négatif. L’enjeu principal est politique et religieux qui fournit une vision fermée, exclusive, monopolistique de la vérité et qui joue un rôle décisif dans les conflits internationaux et les déséquilibres géostratégiques. 

La déstructuration humaine figure comme étant une fatalité, un mouvement irréversible ; le génie humain déraille et détruit. Nous sommes face à une situation où cette composante politico-religieuse favorise de par et d’autre le pire et le radical : ce qui conduit à une régression générale des valeurs. Paradoxalement, on en revient à utiliser la loi et le droit pour exclure et non pour inclure, on réduit la liberté au bénéfice de la sécurité, on sacrifie la démocratie au profit de l’autorité. Aujourd’hui, le légalisme stigmatisant est une réalité. Les restrictions à la mobilité, au déplacement, à la différenciation et à l’exercice de la liberté sont monnaie courante. Le politique sème la discorde, le religieux attise les conflits et la violence ; ils contribuent ensemble, de manière séparée ou concomitante, à la réalisation d’un même objectif : désagréger et séparer. La religion nous prépare un modèle passéiste, traditionaliste, fossilisant et sclérosant ; la politique un avenir incertain et abstrait, sans projet ni vision. Aussi, l’ordre établi met l’individu en état d’infériorité, de déstabilisation, de vulnérabilité continuelle pour mieux les contrôler et les soumettre à ses exigences. Il encourage l’égoïsme, l’affairisme, l’enrichissement illicite, la corruption, la spoliation des biens d’autrui, la dégradation de l’environnement, l’occupation inégale du domaine public, le népotisme qui deviennent les valeurs suprêmes de la gouvernance dominante. C’est dangereux. 

Face à cette situation angoissante, nous avons besoin d’une libération intellectuelle, d’une nécessité à reproduire une pensée humaine juste et tolérante et à rétablir une vision plus ouverte, plus confiante et donc plus exigeante en matière de changement. Il faut se réconcilier avec notre humanité et retrouver le sens de la raison et de la générosité pour créer des espaces communs faits de convivialité et de solidarité, de fraternité et de tolérance. Et pourtant le progrès existe, la modernité avance, mais les déchirements augmentent et les mentalités sont de plus en plus accablantes, se radicalisent et tournent le dos à la fraternité, à l’humanisme et à l’universalisme. Il y a une grave défaite de la pensée marquée par l’absence de projets et de vision, d’humanisme et d’intelligence. 

La crise de la pensée humaine est due principalement aux défaillances des politiques et des systèmes d’éducation et de formation. Le rôle de l’école est primordial en ce sens, mais elle ne peut pas tout faire, car l’institution scolaire est victime d’un amalgame de visions imposées par certains et subies par d’autres ; il faut inventer de nouveaux mécanismes de formation, de régulation, de socialisation, de conscientisation et de mobilisation. La reconnaissance mutuelle est une responsabilité collective : politiques, élites, intellectuels, société civile, artistes, médias, progressistes et associations doivent se mobiliser pour inventer un autre projet de société fait d’humanisme, de convivialité, de fraternité, de dialogue, de coopération et d’un universel partagé, car le fait de souhaiter se regrouper autour de politiques culturelles communes et de tisser des solidarités concrètes est quelque chose de parfaitement réalisable. Les hommes sont capables du bien et du mal, du pire et du meilleur. Dans ce cas, on construit une culture commune en intégrant les particularismes de chacun comme source d’enrichissement. 

Les questions qui se posent aujourd’hui sont de savoir comment penser la culture pour se nourrir de l’Autre ? Comment penser le politique pour changer le regard sur l’Autre ? Comment penser la religion pour respecter celle des Autres ? Comment enseigner et vulgariser les valeurs ? Car en ce temps de ruptures, nous vivons une religiosité asséchante, aliénante ou on culpabilise les consciences et on encourage les radicalités des plus meurtrières. Le résultat est affligeant. Les politiques sont impuissants face à la montée des violences et des conflits. Tous les moyens sont bons pour dresser une population contre une autre, une communauté contre une autre, une culture contre une autre, une civilisation contre une autre, une religion contre une autre. Le mal est profond ; il se dégénère et met à mal le devenir de l’humanité. 

Crise de gouvernance ou crise de la pensée ?    

Par bien des côtés, le 21ème siècle apparaît comme le siècle de l’escalade des ruptures, de dislocations en chaîne dans tous les domaines : une fuite en avant sous le signe de la déstabilisation, de la césure et de la discontinuité. Nous ne pouvions sortir indemnes que par un mouvement général de promotion de la pensée, car les sociétés n’évoluent que par ce biais. ». 

C’est dans le vide de la pensée que se nourrit le mal » disait Hannah Arendt. Ce qui pose à titre principal l’urgence de la refonte globale des systèmes d’éducation et de formation. Après les attaques terroristes de ces dernières années, violentes et aveugles, de nombreux Etats du monde ont compris que la reconstruction du vivre-ensemble est tributaire de la refondation intégrale de ce système, sans oublier bien sûr le rôle des médias, celui des mosquées et des prédicateurs religieux notamment dans les patys musulmans. 

Encore faut-il passer à l’action et instituer une pédagogie renouvelée pour nous aider à apprendre à vivre, d’abord comme citoyen d’une nation et ensuite comme citoyen du monde. Et c’est à ce niveau que l’humanité a besoin d’un système d’éducation qui enseignerait la connaissance de l’Autre, la complexité humaine, les sciences humaines, les religions du monde et, plus fondamentalement encore, les savoirs philosophiques et sociologiques, les arts et les cultures, l’histoire et la géographie humaine. 

Le « vivre-ensemble » est l’une des grandes questions du temps, et nous sommes confrontés à une absence de possibles. Comment en est-on arrivés là ? Qu’est-ce qui, dans la nature des êtres le permet ? Comment se donner des règles démocratiques pour en limiter les dégâts humains et sociaux ? Ne faut-il pas revenir vers deux questions clés : qu’est-ce que vivre et qu’est –ce que ce qui nous sommes ? Le vivre-ensemble ne se décrète pas, il se construit. Il n’est pas seulement un concept, c’est une problématique imposant une investigation dans tous les champs de la connaissance et des savoirs : philosophie, historie, anthropologie, politique et religion. 

Nous sommes appelés à apporter des réponses à une multitude de questions qui empoisonnent la vie des humains et à réfléchir ensemble sur les jalons durables d’un « mieux- vivre collectif »: 

Quel rôle pour l’Etat dans cette phase de ruptures ? Quelle est la place du droit dans la construction des valeurs ? Quel est le rôle de la société et des organisations internationales dans l’enracinement du « vivre-ensemble » ? Quelle est la place de la religion dans la société actuelle ? Quel est le rôle des systèmes d’éducation et de formation dans la fabrication du commun et la production de la paix ? Comment enseigner et vulgariser l’interculturalité pour une société-monde ? Comment mettre un terme aux stéréotypes qui nous guettent lorsqu’on parle de « vivre-ensemble » ? Comment réaliser un collectif humain digne de ce nom ? Comment manager les sociétés contemporaines ? Quelles valeurs partager et transmettre aujourd’hui ? Pourrons-nous vivre-ensemble égaux et différents ? Quelles sont les politiques pour une économie sociale et solidaire ? Comment réinventer l’humanisme ? Comment faire de la laïcité un paradigme commun face aux affirmations identitaires ? Comment repenser les relations entre les faits, les normes et les valeurs ? 

Autant de questions pour chercher à comprendre en vue d’envisager la mise en œuvre de nouveaux mécanismes et de nouveaux moyens pour ouvrir la voie vers un idéal que nous n’avons pas réussi à lui donner de sens et de l’effectivité : celui d’une interculturalité humaine, solidaire, communicante et respectueuse des uns et des autres. Le vivre-ensemble peut être ramené à une multitude de valeurs fondamentales : la solidarité, la fraternité, la laïcité et la tolérance. Ces valeurs sont idéalement universelles tout en étant relatives. Selon les pays et les nations, il y a tout un répertoire de valeurs qui peuvent s’agréger ou s’opposer, se compléter ou se contredire, et donc l’humanité est appelée à vivre dans la pluralité des cultures et la reconnaissance de la diversité culturelle, car la différence est une richesse. 

L’objectif étant d’intensifier l’humanisme et de pacifier la violence, car la violence engendre la vengeance. Ce qui est dangereux aujourd’hui, c’est cette minorité bouillante et très agissante, active et destructrice, qui nous menace en nous imposant sa « vérité », son archaïsme, son idéologie, son mode de pensée, sa religion, sa croyance et utilise avec une extrême efficacité tous les moyens qui sont à sa portée (Internet, Facebook, Youtube, Twitter, Amazone) pour parvenir à ses fins. Des populations entières se sentent aujourd’hui humiliées, écrasées, apeurées, livrées à elles- mêmes. Et ceux qui sont censés les défendre sont impuissants : Etats, ONU, UNESCO et autres organisations internationales. Au moment même où ces organisations palabrent, rédigent des conventions et des chartes, font des rapports et des recommandations, organisent des forums et des assemblées sur le dialogue des religions et des civilisations, abrités souvent par ces mêmes Etats qui sont à l’ origine de la déstructuration humaine et de la détérioration des valeurs, la violence gagne de plus en plus du terrain et s’intensifie. 

Faut-il les croire alors qu’elles ne parviennent même pas à neutraliser le mal ni à maitriser les défis élémentaires et les enjeux de base ? Penser le « vivre-ensemble », c’est penser aussi les problèmes de gouvernance et de pilotage des politiques publiques ; c’est penser aussi le droit qui doit apporter sa contribution à la construction du « vivre-ensemble », car il n’est pas seulement disposition concrète, il est symbole ; symbole de la façon dont les hommes se présentent ce que doivent être leurs relations entre valeurs partagées et diversité culturelle. A cette fin, deux voies juridiques existent. La première, liée au monopole de la violence légitime de l’Etat, met l’accent sur les valeurs communes. Elle s’appuie sur le procès et la loi. L

a seconde voie valorise la diversité. Ces deux voies fonctionnent de manière déséquilibrée. Un changement d’approche est nécessaire. Le réel est dur, incohérent, complexe et parfois insaisissable. Le vécu est parsemé de violences et de tragédies. La religion fait mal, la politique aussi. L’une et l’autre ne cessent de produire des monstres. Elles obéissent à une double orientation, celle de la domination et de l’aliénation. Toutefois, elles ne sont pas les seules à être responsables de nos maux, Le capitalisme « des catastrophes « a, lui aussi, une grande part de responsabilité, sans minimiser pour autant les multiples effets négatifs de la mondialisation et de la globalisation. Nous sommes appelés à réfléchir en profondeur sur ce qui nous fait mal, sur ce qui nous déshumanise et sur ce qui nous divise. Cette question du mal est fondamentalement politique et religieuse, et notre mode de pensée doit se focaliser sur ces deux éléments. Aussi, « La marche du monde a cessé d’être pensée par la classe politique », dit l’économiste Jean-Luc Gréau. Celle-ci n’a pas de pensée. Elle n’a pas de culture, pas de charisme non plus. Elle manœuvre plus pour sa réélection que pour la défense d’un vouloir vivre-ensemble. Elle ignore les sciences humaines, les sciences sociales, la culture et la religion des autres, les méthodes qui seraient aptes à traiter les maux et les déchirements de notre monde. Devrions-nous se méfier alors de ceux qui font la politique et la religion ou les deux en même temps ? 

Aussi, la régénération de la pensée politique, culturelle, humaine et religieuse suppose un examen critique et une volonté de transformer, de relier les parties au tout, le tout aux parties, et qui puisse concevoir la relation du global au local, du national à l’international. Elle doit engendrer une réforme éthique, celle de la famille, de l’adolescence, des jeunes et des moins jeunes. Ce qui n’empêche pas de commencer pour éviter la dégradation des valeurs, une réforme des structures et des organisations, des normes et du droit, s’avère indispensable. Il en résulte que le « vivre-ensemble » est une problématique complexe, enchevêtrée, qui fait appel à des interrogations plurielles et pluridisciplinaires. Et chacun de nous, en fonction de son appartenance politique ou religieuse, de sa position sociale, professionnelle et institutionnelle, est invité à prendre part à cette réforme en profondeur du « vivre-ensemble » et à entrevoir des changements méthodiques et pratiques pour réparer ensemble le tissu déchiré du monde en créant des liens qui libèrent et des valeurs qui sédimentent et relient. Aussi, le sens qu’on donne au « vivre –ensemble » n’est pas mécanique, vivre avec un minimum de convenances et de valeurs communes pour que l’ensemble ainsi formé tienne un peu de tout, mais dans un objectif commun ou une cause commune. 

Nous sommes arrivés à un point de rupture, et c’est contre celle-ci que nous devrions agir pour éviter de sombrer dans la barbarie des terroristes ou la myopie du capitalisme « des désastres ». Il serait banal d’affirmer que chacun de nous à besoin de l’autre et qu’on ne peut pas vivre en autarcie ou chacun doit rester dans ses rangs sans se faire remarquer. Nous sommes condamnés à travailler ensemble, à échanger, à dialoguer et à partager la connaissance et le savoir, les biens et les services, les inventions et les expériences, à protéger ensemble la terre et la nature qui sont notre bien commun. L’urgence est d’agir en vue de réussir l’ancrage du « vivre-ensemble » dans le tissage du futur, mais cela dépend de la qualité des politiques que nous produisons dans tous les domaines de la vie sociale, économique, politique, culturelle, religieuse et géostratégique. 

Il y a l’ «irréductible humain » face à l’universel et au relationnel qui sont partout les mêmes et aspirent à la dignité inhérente à toute personne humaine. Il faut un plaidoyer pour la fraternité. Car cette notion ne figure pas dans nos manuels scolaires ni dans nos systèmes de formation et de développement personnel ; elle est à la fois idéale et très concrète et elle transcende les frontières entre les cultures. Il s’agit d’un universel « concret », selon l’expression de Bidar. L’idéal est de tisser des liens entre toutes les fraternités. Ainsi, les Etats ne sont-ils pas appelés à devenir des tisserands pour recréer le lien et élaborer des instruments juridiques et techniques pour rendre cette fraternité possible, vivante et durable. Il faudrait donc remettre cette notion de vivre-ensemble au cœur de l’éducation, des politiques publiques et du droit.

 Nous sommes réellement au bord de l’abime ; les fractures de nos sociétés s’aggravent, on peut vraiment faire mieux. Plus il y a débat, échange, dialogue et actions concrètes, plus on avance ; plus il y a action et coordination, science et conscience, plus on transforme. Le défi aujourd’hui est de vaincre nos inquiétudes face à l’écroulement politique de notre monde actuel et face à la crise des valeurs que nous observons, laissant les peuples du monde dans un désarroi profond. Mais, somme toute, cette crise nous concerne tous pour qu’il soit nécessaire que nous y intéressions et que nous cherchions à comprendre les raisons de cette détérioration, de ce recul des valeurs, de cette haine incompréhensible qui nous dévore, de cette difficulté à vivre-ensemble, à cohabiter et à échanger afin d’agir pour nous en préserver et éviter de nous plonger dans le repli et la détestation. 

L’une des pires craintes est que l’humanité perdra ses racines terriennes, ses valeurs et cédera à la barbarie, à la guerre, au mal et à la négation de l’Autre. Nous devrons savoir que « les autres vivent en nous, nous vivons dans les autres » disait Tzvetan Todorov, et dans ce cas, laissons le banal pour aller à l’essentiel, vers l’écriture d’un nouveau récit humain et d’une œuvre collective salutaire où la rencontre avec les autres triomphera sur la discorde et le rejet. Et cette rencontre avec l’autre ne peut venir que de la culture des droits humains. L’avenir devrait avoir pour horizon une fédération mondiale, mesurée par la pleine reconnaissance de la dignité de chaque personne, surmonter son égoïsme et son égocentrisme résideront dans la disparition des frontières et dans l’extension universelle de la notion de citoyenneté. 

La meilleure conclusion ?   

La meilleure conclusion par laquelle on peut terminer cette réflexion sur le « vivre-ensemble » est extraite des paroles de deux hommes d’Etat et d’une artiste : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, disait Martin Luther king, sinon nous allons mourir comme des idiots », et Nelson Mandela de dire à son tour: «Nous travaillons ensemble pour soutenir le courage là où il y a le conflit et donner l’espoir là où règne le désespoir » et Anna Gavalda de renchérir : « Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leurs conneries ».   Ali SEDJARI Rabat, le 29/08/2022 


Références bibliographiques  Arokiyasamy L., Berthelot Y. et Rasafimbelo L., 2016,  chemin d’économie humaine, Cerf Patrimoines. Bidar A., 2017, Quelles valeurs partager et transmettre aujourd’hui ?, Albin Michel. Bauberot J., 2012, La laïcité falsifiée, Paris, la Découverte. Bauberot J., La laïcité en crise : une conquête toujours en devenir, in Information sociale, n°136, déc 2006, pp. 48-59. Borne D., La laïcité : Mémoire et exigence du présent, in Problèmes politiques et sociaux, n°917, oct 2005. Collectif, 2011, Refaire société, la République des idées, Edition du Seuil. Champion F., La laïcité face aux affirmations identitaires, in Sciences humaines, hors série n°39, déc 2002-janv-fév2003. Chebel M. et Godin Ch., 2011, Vivre-ensemble. Eloge de la différence, First Editions. Conseil de l’Europe, Vivre ensemble dans l’égale dignité , Livre blanc sur le dialogue interculturel, Strasbourg, 7 mai 2008. Dartigupeyrou C., 2017, Le futur est déjà là, le Bord de l’eau. Dartigupeyrou C., 2012, Les Voies de la résilience, L’Harmattan.  Delmas-Marty M., 2011, Vers une communauté de valeurs, Seuil, la Couleur des idées. Gaille-Nikodimov M., 2011, Vivre avec l’étranger, Paris, Gallimard Gagné G. et Warren J-Ph., 2003, Sociologie des valeurs, PUM-corpus. Gréau J-L., 2008, La trahison des économistes, coll. Le Débat, Gallimard, 250p. Gréau J-L., 2012, La grande récession (depuis2005) : une chronique pour comprendre, Gallimard. Haarscher G., 2008, La laïcité, Paris, PUF. Heinich N., 2017, Des valeurs, une approche sociologique, Gallimard. Heran F., 2007, Le temps des immigrés, Paris, Seuil. Kintzler C., 2013, Penser la société, Paris, Minerve. Labelle M., Multicularisme, interculturation, antiracisme : le traitement de l’Altérité, Revue Européenne des migrations internationales, Vol.31-n°2, 2015. Lacroix G., et Slitine R., 2016, l’économie sociale et solidaire, Que sais-je ?, PUF. Le Bris C., La contribution du droit à la construction d’un « vivre-ensemble » ; entre valeurs partagées et diversité culturelle, Droit et société, 2016/1, (n°92), pp.75-98. Maraboto P., 1995, Daniel qui n’avait pas de maison, Editions Circonflexe. Morin E., 2012, La voie pour l’avenir de l’humanité, Pluriel. Perotti A., 1994, Plaidoyer pour l’interculturalité, Strasbourg, Conseil de l’Europe. Ricoeur P., Tolérance, intolérance, intolérable, in lectures I, Seuil, coll.Points. Essais, 1999. Ruwen O., Repenser la relation entre les faits, les normes et les valeurs, in les Sciences de l’Education pour l’ère nouvelle, 2012/1, (Vol.45). Saado-Gendron J., 1999, La tolérance, Paris, Flammarion. Sedjari A., (dir.), 2011, Culture et cultures. Un défi pour les droits de l’Homme, l’Harmattan. Sedjari A., (dir.), 2016, La modernité inégale. Pouvoirs, avoirs et savoirs dans la construction d’une démocratie généralisée, l’Harmattan. Taguieff P.A., 1997, Le Racisme, Paris, Flammarion. Touraine A., 1997, Pourrons-nous vivre ensemble ? Egaux et différents, Faillard.   Yecoub J., 2012, L’humanisme réinventé, Paris, les Editions du Cerf. Wach M. et Hammer B., 2003, La structure des valeurs est-elle universelle, l’Harmattan.

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L'AG fondatrice du 14-11-2022 et l'AG constitutrice du 11-01-2023

L’Assemblée Générale de ce 14 novembre 2022 au Palais Bourbon à Paris, fut surtout l’occasion de lancer, et plus formellement, notre nouveau Think Tank, et cela après des mois d’échanges. 

Ces échanges devront être prolongés et, surtout, approfondis avec tous ceux qui n’ont ont pu être des nôtres mais qui nous avaient fait connaître leur intérêt par messagerie et/ou inscription en ouverture sur le site : https://www.i-dialogos.com 

Tous et toutes seront recontactés en tout début d‘année 2023 pour affiner la méthode et l’organisation d’un travail en réseau délibérément international, avec une présence, sur tous les continents, via la création de Groupes ou associations pays. Décisions => 

  • Le Comité d’initiative, constitutif et historique, présenté sur le site, est confirmé.
  • Il est créé un Comité exécutif et de pilotage, sorte de présidence coilective :  Abdoulaye Sene (Dakar) /Ali Sedjari (Rabat) / Habiba Mejri-Cheikh (Tunis) / Jean-Claude Mairal (Vichy) / Reine Benao-Sakandé (Ouagadougou) / et Annie Levy-Mozziconacci (Marseille) 
  • + un Délégué Général ( Pierrick Hamon / Montreuil) + un Délégué Général Adjoint en charge des finances (à désigner).
  • 1ère réunion du Comité de pilotage : le 12 ou 13 janvier 2023 via zoom.
  • Il est créé un Comité scientifique de haut niveau et international : Ali Sedjari, Professeur à l’Université de Rabat)
  • Il est créé, pour un temps limité et compte tenu de l’urgence pratique et financière, une « association des amis de I-Dialogos », selon la loi française de 1901 avec les membres du Comité exécutif et de pilotage.
  • La spécificité de I-Dialogos think Tank étant d’associer des experts et praticiens et universitaires des toutes origines géographiques et idéologiques, le fonctionnement se fera essentiellement via internet, avec l’organisation de réunions de travail et conférences débat en visio Zoom.
  • La première visio-conférence se déroulera fin janvier avec Jean-Pierre Massias, professeur de droit public à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), connu pour ses travaux sur les processus de pacification et les transitions démocratiques.  Sous la présidence de Jean-Claude Mairal. Cette conférence s’inscrit dans le cadre des thématiques Démocratie et Francophonie et centrée sur les peuples d’outre-mer.
  • Quelle/s démocratie/s

 Thème considéré comme recouvrant l’ensemble de nos travaux, dans une approche transversale et comparée, et donc reliée aux thématiques 2023.   

  • Médias et presse dans le monde

 Thème retenu pour le Forum de fin d’année, avec une sorte de séminaire préparatoire, à Paris, en mars prochain et des ateliers pays. 


L'Assemblée Générale constitutive de l'Association "I-Dialogos International" a désigné les membres du CA et du Comité de pilotage, présentés plus bas sur ce site.

  

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APPEL

APPEL

Que vous soyez journaliste ou ancien journaliste ou expert - ou non - des médias et de la presse, vos observations, propositions, analyses seront les bienvenues. La Note de « synthèse » ou contribution N°1, qui en résultera sera partagée dans le cadre des séminaires à programmer, dès le 1er trimestre l’année 2024, en des lieux qui restent à définir et en visio-conférence. Si vous pensez pouvoir vous y associer, ou en prendre l'initiative, merci de nous le faire savoir. Vous serez alors conviés aux échanges préparatoires.

APPEL A CONTRIBUTIONS

en plusieurs langues

Que vous soyez journaliste ou ancien journaliste ou expert - ou non - des médias et de la presse, vos observations, propositions, analyses seront les bienvenues. La Note de « synthèse » ou contribution N°1, qui en résultera sera partagée dans le cadre des séminaires à programmer, dès le 1er trimestre l’année 2024, en des lieux qui restent à définir et en visio-conférence. 

Si vous pensez pouvoir vous y associer, ou en prendre l'initiative, merci de nous le faire savoir. Vous serez alors conviés aux échanges préparatoires.

Lire l’Appel de Habiba MEJRI CHEIKH


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Qu’aurait fait Gandhi au Proche Orient ? Augustin Brutus JAYKUMAR

Qu’aurait fait Gandhi au Proche Orient ? Augustin Brutus JAYKUMAR

A PONDICHERY, Augustin Jaykumar BRUTUS, Administrateur de I-Dialogos International, est aussi Correspondant Inde. Il est surtout le fondateur du binôme d’ONGs, “Adecom Network” et “Réseau Adecom” en France, fondateur de la société financière de micro crédit la BRWD en Inde. Il est aussi Fondateur de l'ONGs “INDP” en Inde” et de “INDPenFrance”. Augustin est par ailleurs membre du Groupe International de Coordination de l’AIEP-IAEP, ONG reconnue par l’Unesco et membre du FERAM. l'ONG INDP -Intercultural Network for Development and Peace- propose sa propre approche du “développement holistique” qui intègre la pluralité des besoins des humains.

=> l'INDP

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