
Ilyes Zouari, chercheur indépendant, expert en démographie et en géopolitique, et spécialiste du monde francophone vient de nous communiquer cet article, pour le moins étonnant - si ce n’est détonnant - et qui bouscule bien des clichés ou certitudes. Article publié sur le site de Mediapart.
Président fondateur du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone) Ilyes est l’auteur de nombreux articles et rapports. Il est ancien collaborateur et membre de l’équipe dirigeante de la revue Population1 & Avenir, et auteur du « Petit dictionnaire du Monde francophone » aux éditions L’Harmattan, en 2015.
N’hésitez pas à nous faire part de vos éventuelles observations, notamment en provenance d’Afrique. Nous les transmettrons à l’auteur et pourrions ainsi prolonger le dialogue sur le sujet. => phamon@i-dialogos.com
L’Afrique francophone, championne de la croissance africaine
À partir des dernières données publiées par la Banque mondiale au mois de janvier, dans le cadre de son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales (et contenant, par ailleurs, une mise à jour des statistiques relatives aux taux de croissance des années 2023 et 2024, non encore intégrée à la base de données générale de l’institution, mais ici prise en compte), l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé en 2025 les meilleures performances d’Afrique subsaharienne en matière de croissance, dont elle a été le moteur continental pour la douzième année consécutive et la treizième fois en quatorze ans.
Cet ensemble de 22 pays a ainsi enregistré une croissance globale de 4,9 %, tandis que le reste de l’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de 3,4 %.
Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué, comme depuis plusieurs décennies, d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone.
Enfin, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone continue à maîtriser son endettement en affichant le niveau le plus faible en la matière en Afrique subsaharienne pour la neuvième année d’affilée, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025, creusant ainsi l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne (64,6 %).

