Poésie, dialogue interculturel et engagement pour la paix. Aziz MOUNTASSIR , Casablanca, Maroc

Aziz Mountassir, célèbre poète marocain né à Casablanca en 1961, est diplômé en littérature arabe. Président du Forum international pour la créativité et l’humanité (IFCH), ll est également directeur d’IFLAC World pour l’Afrique et le Maroc, une association transnationale basée à Haïfa en Israel, très engagée pour la paix et le dialogue interculturel.
Auteur de plusieurs recueils de poésie en arabe, traduits dans différentes langues, il participe à des rencontres littéraires et culturelles internationales. Son engagement place la poésie, les arts et les échanges entre les cultures au service de la paix, de la fraternité et de la coexistence entre les peuples. Son parcours rejoint ainsi les préoccupations d’I‑Dialogos : promouvoir l’écoute, le dialogue et la diversité culturelle pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle. Aziz a rejoint notre Réseau au nom de l’IFLAC à la demande de sa président Ada Ahrouni (cf sa récente interview sur le site I-Dialogos).

illustration : UNESCO Dialogue

Entretien avec Pierrick Hamon

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I-Dialogos : Aziz Mountassir, quelle formation et quelles expériences, rencontres ou passions vous ont conduit à faire de la poésie, de la transmission et des échanges culturels un engagement pour la paix ? 

Aziz Mountassir :  Mon parcours s’est construit à la croisée de l’éducation, de la littérature, de la réflexion humaniste et d’un engagement profond en faveur de la dignité humaine. Ma formation en littérature arabe, après mes études secondaires et l’obtention de mon baccalauréat, m’a permis d’approfondir ma connaissance de la langue, de la pensée littéraire et de la puissance de la parole comme moyen d’expression, de transmission et de transformation de l’être humain. 

J’ai exercé le métier d’enseignant de langue arabe, une expérience qui a profondément marqué ma conception de la responsabilité intellectuelle. Enseigner ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances : c’est aussi contribuer à former des consciences, encourager l’esprit critique et apprendre à reconnaître la dignité de l’autre. Au fil des années, j’ai compris que l’éducation, la littérature et la paix ne constituent pas des domaines séparés, mais les dimensions complémentaires d’une même démarche humaniste. 

La poésie entre l’intime et l’universel, entre la mémoire personnelle et la conscience collective

La poésie est devenue pour moi bien davantage qu’une expression esthétique ou une aventure individuelle. Elle est un espace de rencontre entre l’intime et l’universel, entre la mémoire personnelle et la conscience collective. À travers mes textes, je cherche à explorer l’amour, la liberté, la condition humaine, la dignité des femmes, la protection de l’enfance, la coexistence et notre responsabilité envers la nature et les êtres vivants. 

Je me définis avant tout comme un homme de paix. Cette identité n’est pas un simple titre honorifique, mais une conviction profonde qui oriente ma pensée, mon écriture et mon engagement humain. À travers mes poèmes, mes articles, mes conférences et mes différentes initiatives culturelles, je m’efforce de promouvoir la paix et d’en diffuser la culture aussi largement que possible, au-delà des frontières, des langues et des appartenances. 

Je suis convaincu que la paix constitue l’une des clés fondamentales pour comprendre et surmonter les crises que traverse notre monde. Qu’il s’agisse des conflits armés, des injustices sociales, de l’intolérance, des discriminations, des violences faites aux femmes et aux enfants ou de la dégradation de notre environnement, aucune solution durable ne peut être pleinement envisagée sans une culture de la paix fondée sur le respect de la dignité humaine, la justice, la solidarité et la responsabilité collective. 

Mon engagement s’est également concrétisé par la fondation et la présidence du Forum international pour la créativité et l’humanité (IFCH – Maroc), enregistré sous le numéro 43/2018 à Fnideq. Cette initiative repose sur une conviction essentielle : la créativité ne doit pas être réservée à une élite ni enfermée dans des frontières nationales. Elle doit devenir un instrument de rapprochement, de solidarité et de dialogue entre les peuples.

Mon parcours littéraire comprend dix ouvrages, des contributions à de nombreuses anthologies internationales et la circulation de mes textes dans plus de seize langues. Cette ouverture linguistique m’a permis de mesurer combien une émotion exprimée dans une langue peut trouver un écho profond chez un lecteur appartenant à une autre culture. 

Je ne considère donc pas la paix comme un simple thème littéraire. Je la conçois comme une responsabilité intellectuelle, morale et humaine. 

Le poète ne peut certes pas arrêter seul une guerre, mais il peut contribuer à combattre la déshumanisation

Le poète ne peut certes pas arrêter seul une guerre, mais il peut contribuer à combattre la déshumanisation, les préjugés et l’indifférence qui rendent la violence acceptable. Il peut rappeler, par la force de la sensibilité et de la pensée, que derrière chaque identité collective se trouve une personne dont la dignité mérite d’être reconnue. 

Je ne souhaite pas que mes écrits demeurent confinés à l’espace littéraire. Je voudrais qu’ils deviennent des instruments de sensibilisation, de réflexion et de transformation des consciences. La poésie exprime ce que l’être humain porte au plus profond de lui-même ; la conférence permet d’approfondir les idées, de susciter le débat et d’ouvrir de nouvelles perspectives ; l’action associative, quant à elle, donne à ces convictions la possibilité de se traduire en initiatives concrètes. 

C’est dans cette articulation entre éducation, création littéraire et engagement associatif que se trouve le sens profond de mon parcours : faire de la parole non pas un instrument de domination, mais un espace de conscience, de rencontre et de responsabilité envers l’humanité.

I-Dialogos : Quelle place accordez-vous à la culture, aux langues, à la musique et notamment à la poésie dans le rapprochement entre les peuples ? Pouvez-vous évoquer une expérience où la traduction de vos poèmes ou leur mise en musique a permis de dépasser des préjugés et de créer un véritable échange ? Par exemple dans le dialogue entre Palestiniens et Israéliens, et pas seulement… 

Aziz Mountassir : J’accorde à la culture une place fondamentale dans le rapprochement entre les peuples. La diplomatie politique est indispensable, mais elle ne suffit pas toujours à transformer les représentations, les sensibilités et les imaginaires. La culture intervient précisément à ce niveau : elle permet de rencontrer l’autre autrement que par les catégories politiques, les appartenances nationales ou les préjugés hérités de l’histoire. 

Les langues sont les portes d’entrée vers des univers de pensée, des mémoires et des sensibilités particulières. La traduction littéraire est donc, à mes yeux, un acte de médiation culturelle. Elle ne consiste pas uniquement à transposer des mots d’une langue vers une autre ; elle exige de transmettre une émotion, une vision du monde et une dimension humaine sans effacer la singularité de l’œuvre originale. 

La musique amplifie encore cette capacité de rapprochement. 

Une mélodie peut toucher une personne avant même qu’elle comprenne les paroles. Lorsque la poésie rencontre la musique, elle acquiert une dimension supplémentaire : elle devient une expérience sensible partagée, susceptible de franchir les barrières linguistiques et géographiques. 

Mon propre parcours m’a permis d’observer cette circulation de la poésie à travers différentes collaborations et interprétations musicales. 

Mes textes ont notamment été associés au travail du chanteur espagnol José Silvestre Ríos Pedregosa, du chanteur italien Fabio Martoglio, ainsi que des artistes libanais George Ghosn et Yasser Al-Labki. 

Ces rencontres illustrent les possibilités offertes par la collaboration entre poésie et musique : un texte né dans un contexte linguistique et culturel donné peut être accueilli, interprété et réinvesti par des artistes issus d’autres horizons. 

Une autre expérience particulièrement significative est celle d’un groupe mexicain qui a choisi l’une de mes poésies comme générique d’une série télévisée. Ce choix témoigne de la capacité d’un texte poétique à dépasser son contexte d’origine et à trouver une nouvelle existence dans un autre environnement culturel. La poésie cesse alors d’être uniquement la parole de son auteur : elle entre dans un espace collectif, rencontre un nouveau public et acquiert des résonances que l’écrivain ne peut pas toujours prévoir. 

Je considère ces expériences comme des illustrations concrètes de la circulation culturelle. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer que des préjugés déterminés ont été surmontés, mais elles montrent qu’une œuvre peut franchir des frontières et créer des conditions favorables à la curiosité, à l’écoute et à la rencontre. 

En tant qu’homme de paix, je considère que la diffusion de la culture de la paix doit dépasser le cadre des déclarations symboliques. Elle doit investir les espaces éducatifs, littéraires, artistiques et médiatiques afin de toucher le plus grand nombre. C’est dans cet esprit que je mobilise mes écrits poétiques, mes conférences et mes collaborations culturelles pour rappeler que la paix n’est pas une idée abstraite : elle est une nécessité humaine universelle. 

Le dialogue entre Palestiniens et Israéliens

S’agissant du dialogue entre Palestiniens et Israéliens, il convient d’adopter une approche à la fois humaniste et rigoureuse. Je ne prétends pas attribuer à mes œuvres une expérience directe de médiation entre ces deux populations si celle-ci n’a pas eu lieu. Je pense néanmoins que la poésie peut contribuer à ouvrir des espaces de dialogue, à condition de ne pas confondre rapprochement culturel et effacement des réalités politiques. 

La souffrance des populations civiles, les droits humains, la justice et la reconnaissance de la dignité de chacun doivent rester au centre de toute démarche authentique. Le dialogue ne saurait exiger des victimes qu’elles renoncent à leur mémoire ou à leurs droits pour rendre la rencontre possible. Il doit au contraire permettre de reconnaître les souffrances, de confronter les récits et de rechercher des voies de coexistence fondées sur la justice. 

Je serais donc favorable à des initiatives culturelles réunissant, lorsque les conditions le permettent, des poètes, des musiciens, des traducteurs et des acteurs de la société civile issus de différentes communautés. Des lectures bilingues ou multilingues, des créations musicales partagées et des publications consacrées à la dignité humaine pourraient offrir des espaces d’expression et d’écoute. 

La culture ne remplace ni le droit ni la responsabilité politique. Elle peut cependant contribuer à créer les conditions humaines et symboliques dans lesquelles la paix devient pensable, désirable et progressivement réalisable.

I-Dialogos : Vous considérez l’écoute et le dialogue comme indispensables à la paix. Comment maintenir cette exigence lorsque les guerres, les injustices et les souffrances semblent pourtant rendre le dialogue impossible ? Comment écouter l’autre tout en restant fidèle à ses convictions et à l’exigence de justice ? 

Aziz Mountassir :Cette question touche au cœur même de ma conception de la paix. Je crois profondément à l’écoute et au dialogue, mais je ne les considère ni comme des gestes naïfs ni comme des obligations qui imposeraient de suspendre tout jugement moral face à l’injustice. 

Dialoguer ne signifie pas approuver.

Dialoguer ne signifie pas approuver. Écouter ne signifie pas se soumettre. Comprendre le point de vue d’autrui ne signifie pas renoncer à ses convictions. Il est essentiel de distinguer la reconnaissance de la dignité humaine de l’acceptation de toutes les idées, de toutes les décisions ou de tous les actes. 

Face à la guerre, la première exigence est de ne pas banaliser la souffrance. La protection des civils, le respect du droit international, la défense des droits humains et la recherche d’une paix juste doivent constituer des principes fondamentaux. Une parole pacifiste qui ignorerait les victimes, les rapports de force ou les injustices risquerait de devenir une abstraction morale, détachée de la réalité. 

Cependant, la dénonciation de l’injustice ne doit pas conduire à déshumaniser indistinctement des populations entières. Il faut pouvoir condamner des actes, contester des politiques et exiger des responsabilités sans transformer l’origine, la religion ou l’identité d’une personne en motif de haine collective. 

À mes yeux, l’écoute constitue une discipline intellectuelle et éthique. Elle exige de suspendre momentanément ses réactions immédiates pour comprendre ce qui est réellement exprimé, identifier les désaccords et distinguer les faits des interprétations. Mais elle exige également du courage : celui de nommer les injustices, de reconnaître les contradictions et de ne pas sacrifier la vérité au confort d’un consensus artificiel. 

Il existe des moments où le dialogue direct est impossible, dangereux ou prématuré. Dans ces circonstances, il ne faut pas imposer une rencontre à tout prix. On peut maintenir des voies de communication par l’intermédiaire de médiateurs, d’organisations humanitaires, d’intellectuels, d’artistes ou d’institutions indépendantes. On peut aussi préserver des espaces culturels et éducatifs qui empêcheront la rupture du dialogue de devenir définitive. 

Je crois également que la paix doit être envisagée à plusieurs niveaux : la cessation de la violence, la protection des personnes, la justice, la reconnaissance des droits, la reconstruction des relations sociales et, enfin, la possibilité d’une coexistence durable. La simple absence de combats ne suffit pas toujours à produire une paix véritable. 

Dans cette perspective, la poésie peut jouer un rôle spécifique. Elle ne délivre pas nécessairement des solutions politiques, mais elle peut rendre perceptible ce que les discours abstraits occultent : la peur, le deuil, l’attente, l’exil, la fragilité, l’espérance et le besoin de vivre dignement. Elle redonne une présence humaine à celles et ceux que les statistiques et les discours de confrontation réduisent parfois à des catégories. 

Ma qualité d’homme de paix m’amène à considérer que la paix n’est ni une faiblesse ni une attitude passive devant les événements. Elle exige au contraire du courage, de la lucidité et une volonté constante de défendre la justice sans céder à la haine. 

À travers mes écrits et mes conférences, je cherche à transmettre cette conviction : la paix est une condition essentielle de la résolution durable des crises humaines, mais elle ne peut être construite sur le déni des injustices. Elle doit s’appuyer sur la reconnaissance des droits, la protection des personnes, la responsabilité des acteurs concernés et la recherche de solutions équitables. 

Je m’efforce ainsi de promouvoir une conception active de la paix, qui associe la réflexion à l’engagement, la parole à la responsabilité et l’idéal à l’action. Je souhaite contribuer à une prise de conscience collective selon laquelle la violence ne peut constituer une réponse durable aux différends et où le dialogue, lorsqu’il est accompagné de justice et de volonté politique, peut ouvrir des perspectives que la confrontation seule ne permet pas d’atteindre. 

Pour moi, diffuser la culture de la paix signifie également apprendre à chaque génération que la dignité humaine ne dépend ni de l’origine, ni de la langue, ni de la religion, ni de l’appartenance nationale. C’est en reconnaissant cette dignité commune, tout en respectant les droits et les différences de chacun, que nous pouvons espérer construire une coexistence véritablement durable.   

Je défends le dialogue sans renoncer à la justice

Ma position est donc claire : je défends le dialogue sans renoncer à la justice, l’écoute sans abandonner mes convictions, et la paix sans accepter l’effacement de la dignité humaine. 

La véritable paix ne demande pas aux êtres humains de penser de manière identique. Elle leur demande de construire des conditions dans lesquelles leurs différences ne deviennent pas une justification de la violence. Elle suppose la reconnaissance de l’autre, mais également celle des droits, des responsabilités et des limites qui rendent une coexistence juste possible.  

I-Dialogos : Vous représentez IFLAC au Maroc, et un lien vient de se nouer avec I-Dialogos grâce à Ada Aharoni. Qu’est-ce qui vous intéresse dans la démarche de notre réseau transnational ? Quelles valeurs et ambitions communes y reconnaissez-vous, et par quelles initiatives concrètes souhaiteriez-vous faire vivre ce rapprochement au service du dialogue et de la paix ? Auriez-vous des propositions de collaborations ? 

Aziz Mountassir : La mise en relation avec I-Dialogos, grâce à Ada Aharoni, représente pour moi une possibilité importante de renforcer les échanges entre des personnes et des organisations qui considèrent le dialogue interculturel comme un levier de compréhension mutuelle et de paix. 

IFLAC Maroc 

Mon engagement au sein d’IFLAC au Maroc s’inscrit dans une démarche plus large, portée également par ma responsabilité à la tête de l’International Forum for Creativity and Humanity (IFCH). Ces engagements se rejoignent dans une conviction fondamentale : les initiatives littéraires, artistiques et intellectuelles peuvent contribuer à rapprocher les sociétés, à condition de s’appuyer sur des valeurs claires, une coopération sincère et des actions concrètes. 

Ce qui m’intéresse particulièrement dans une démarche transnationale comme celle d’I-Dialogos, c’est la possibilité de dépasser les collaborations ponctuelles pour construire des relations durables entre des auteurs, des traducteurs, des chercheurs, des artistes, des éducateurs et des acteurs de la société civile. La paix ne peut être considérée comme la responsabilité exclusive des gouvernements ou des diplomates. Elle exige aussi un travail continu au sein des sociétés, dans les écoles, les institutions culturelles, les associations et les espaces de création. 

Je reconnais plusieurs valeurs communes à promouvoir : le respect de la dignité humaine, la liberté de création, l’écoute, la pluralité linguistique, la solidarité, le refus de la haine et la volonté de faire des différences culturelles des occasions d’enrichissement plutôt que des sources de division.   

Je souhaite néanmoins que ces valeurs se traduisent en programmes identifiables, avec des objectifs, des responsabilités et des résultats que nous puissions évaluer ensemble. 

Je souhaiterais notamment que le rapprochement entre I-Dialogos, IFLAC et l’IFCH puisse devenir un cadre concret de diffusion internationale de la culture de la paix. 

Mon ambition est de mettre la poésie, les conférences, les échanges interculturels et les initiatives associatives au service d’une même finalité : contribuer à prévenir les divisions, à combattre les préjugés et à promouvoir une humanité consciente de ses responsabilités communes. 

Parmi les initiatives envisageables, je proposerais : 

- Des rencontres internationales consacrées à la poésie et à la paix, réunissant des écrivains, des intellectuels, des artistes et des acteurs de la société civile. 

- La publication d’anthologies multilingues, permettant à des auteurs de différentes cultures de partager leurs textes autour de la paix, de la dignité humaine, de la coexistence et de la justice. 

- Des projets de traduction littéraire, afin de rendre accessibles les œuvres porteuses de valeurs humanistes à des lecteurs de langues et de cultures différentes. 

- Des conférences et des débats interculturels, en présentiel ou en ligne, consacrés au rôle de la littérature, de l’éducation et des arts dans la prévention des conflits. 

- Des initiatives éducatives destinées aux jeunes générations, afin de promouvoir la tolérance, l’écoute, la solidarité et le respect de la diversité. 

- Des collaborations artistiques internationales, associant poésie, musique et arts visuels pour rendre le message de paix accessible à des publics plus larges. 

Je serais également favorable à un programme de coopération permettant aux participants de partager leurs expériences, de développer des projets éducatifs et culturels et de faire connaître les initiatives qui contribuent effectivement au dialogue et à la coexistence. 

Je souhaite que cette coopération soit guidée par une ambition claire : ne pas nous limiter à parler de la paix, mais travailler ensemble à en diffuser la culture, à renforcer sa présence dans l’éducation et la création artistique et à encourager son appropriation par les nouvelles générations. 

Je demeure convaincu que la paix est l’une des clés essentielles pour affronter les crises de notre époque. Elle ne résout pas mécaniquement tous les problèmes, mais elle crée les conditions humaines, sociales et politiques nécessaires à leur résolution. C’est pourquoi je considère sa promotion comme un engagement permanent, qui doit unir les consciences, mobiliser les intelligences et inspirer des actions concrètes. 

En tant que poète, écrivain, journaliste et président fondateur de l’IFCH – Maroc, je souhaite apporter ma contribution à cette œuvre collective, avec la cconviction que chaque parole responsable, chaque création porteuse d’humanité et chaque initiative sincère en faveur du dialogue peut participer à la construction d’un monde plus juste, plus solidaire et plus pacifique. 

Pour moi, l’enjeu est essentiel :

Faire de la paix non seulement un idéal que nous proclamons, mais une culture que nous transmettons, une responsabilité que nous partageons et une pratique que nous faisons vivre ensemble. 

Casablanca, le 15 octobre 2026