Dénoncer la politique suicidaire et irresponsable des autorités actuelles ne revient pas à attaquer le Mali , bien au contraire. L'État malien et ses institutions sont pris en otage par un système autocentré, dont la politique risque d'achever la dislocation du projet national. La diversion consistant à focaliser l'attention sur Kidal et sur des communautés pastorales globalement amalgamées au terrorisme ne saurait tenir lieu de projet politique. Ceux qui s'engouffrent dans cette grille de lecture contribuent au chaos et à la décomposition du tissu encore embryonnaire d'un Mali « un et indivisible » qu'ils prétendent par ailleurs défendre./ Abdoulahi ATTAYOUB, Lyon le 16 juin 2026
accéder à l'articleNous vivons une époque étrange, où l'on court sans savoir pourquoi, où l'on achète sans avoir besoin, où l'on scrolle sans rien voir, où l'on travaille jusqu'à s'épuiser, non par nécessité, mais par habitude. Partout, la compulsivité s'est immiscée dans les interstices de nos vies. Qui porte la responsabilité de cette dérive ? Cet essai se propose d'explorer ce phénomène sous tous ses angles : ses manifestations protéiformes, ses racines neurobiologiques et sociétales, ses conséquences dévastatrices, et surtout, ce qu'il révèle de nous-mêmes et de notre époque. Car la compulsivité n'est pas une maladie isolée – elle est le symptôme d'une civilisation encrise, où l'individu, livré à lui-même, s'épuise à chercher un sens qui lui échappe, tandis que lesstructures qui devraient le protéger – ou au moins l'éclairer – trop souvent ferment les yeux. Patrice CARDOT, Saint Jean Pied de Port, Pays basque, le 1er juin 2026
accéder à l'articleLes transformations contemporaines des sociétés humaines ne peuvent être comprises sans une attention renouvelée aux langues, aux systèmes de pensée et aux formes de circulation des savoirs. Dans un contexte marqué par l’accélération numérique, les recompositions géopolitiques et les tensions autour des modèles culturels dominants, la question du langage redevient centrale. La francophonie, envisagée non comme un espace homogène mais comme un champ de circulation, de diversité et de tensions créatrices, offre un cadre privilégié pour interroger les conditions d’un dialogue renouvelé entre les cultures. C’est dans cette perspective que s’inscrit la réflexion proposée ici, à la croisée des enjeux de plurilinguisme, de coopération internationale et de transformation des savoirs à l’échelle globale. Benoist MALLET DI BENTO, Perche/fr et Cameroun, le 30 mai 2026
accéder à l'articleLe dernier livre de Vidal Pino ZAMBRANO, ancioen maire de Cusco, et Helga Cecilia FRECH H. analyse comment les connaissances, l’action humaine et les institutions (publiques et privées) configurent le développement rural dans les Andes et en Amazonie péruvienne. À travers une perspective interdisciplinaire qui articule économie institutionnelle, sociologie des connaissances et théorie du développement, l’ouvrage propose de comprendre les connaissances rurales comme un processus socialement distribué, adaptatif et évolutif. Ensemble, le livre propose un changement de paradigme : passer du transfert technologique à la reconnaissance de l’intelligence sociale comme base de la durabilité dont l’innovation rurale émerge de la base, de l’action créative, coopérative et collaborative entre les communautés andines-amazoniennes et le développement technologique. Lima (PEROU) le 26 mai 2026
accéder à l'articleAu-delà de sa dimension universitaire, cet événement apparaît comme un marqueur politique et géopolitique "essentiel" dans un contexte international caractérisé par de profondes recompositions stratégiques, culturelles et technologiques. Il traduit une volonté affirmée de renforcer les coopérations entre l’Afrique, l’Égypte, la France et l’espace francophone et plus largement, autour des enjeux de formation, de recherche, de mobilité académique, mais aussi de gouvernance et de développement. Nous y reviendrons dans le cadre des échanges engagées entre I-Dialogos et de l’Université. Alexandrie, 9 mai 2026
accéder à l'articlePlutôt que de renforcer des logiques de confrontation, la Diplomatie doit reprendre sa place. La communauté internationale doit investir dans des mécanismes de dialogue renforcés. Un multilatéralisme rénové est indispensable pour arbitrer les conflits, éviter la militarisation excessive et relancer des programmes d’appui au développement. Les institutions internationales, comme les Nations Unies, ont un rôle crucial à jouer pour faciliter le dialogue, coordonner les actions et mobiliser les ressources nécessaires. Dans un monde où notamment l’eau devient un enjeu stratégique sensible, des négociations entre États riverains, collectivités et acteurs économiques, sont essentielles pour éviter des crises majeures / Abdoulaye SENE, Dakar , Sénégal actualisé le 15 mai 2026
accéder à l'articleA l’heure où réapparaissent constamment les critiques à l’encontre de l’Organisation des Nations unies et où un État qui prétend régir le monde s’acharne à la dépecer il me semble opportun de défendre l’impératif d’une gouvernance mondiale, entendons par là une gouvernance de tous au service de tous. Telle est implicitement l’aspiration à un ordre multilatéral, un ordre qui ne soit pas celui d’une puissance en particulier ou d’un cartel de puissances, mais bien celui de toutes les nations au profit de toutes les nations et, derrière elles, des peuples de la terre. Ariel FRANCAIS. Ancien représentant des Nations unies, Vienne, le 18 mai 2026
accéder à l'articleEn cette journée internationale de la Liberté de la Presse, la question doit enfin être posée : qu’est-ce qu’une presse libre sans réel pluralisme ? À première vue, la diversité de l’information paraît mieux assurée qu’hier. Mais ce progrès apparent tient moins aux médias traditionnels qu’aux réseaux sociaux. Ceux-ci, malgré leurs dérives bien réelles et leur rôle dans la diffusion de fausses informations, sont devenus des espaces d’expression indispensables. C’est dans les médias établis que le constat est préoccupant : la diversité des points de vue recule. La concentration financière et/ou idéologique dans la Presse ne peut expliquer à elle seule cette homogénéité croissante. Dans les régimes autoritaires, le contrôle est explicite. Mais quand c'est dans les démocraties, n'est ce pas plus inquiétant ? Signature collective. Le 3 mai 2026
accéder à l'articleLe livre que Vladimir FEDOROVSKI publie en ce mois de mai, est riche en révélations. Il dévoile des épisodes fatidiques de l’histoire secrète du Kremlin - de la chute du mur de Berlin à Poutine - éclairant sous un autre jour une actualité brûlante. Au centre de son récit, l’auteur place un témoin d’exception, Alexandre YAKIOVLEV, qui a été déterminant dans la chute du communisme et l’arrêt de la guerre froide. Surnommé « le diable boiteux » il fut un prophète en prédisant la guerre en Europe . Paris, le 4 mai 2026
accéder à l'articleLe corridor ferroviaire lancé en 2014, à la demande de 5 Etats de l'Afrique de l'Ouest, par le Groupe Bolloré, se voulait un projet visionnaire : relier le Golfe de Guinée au Sahel, désenclaver des territoires entiers et jeter les bases d’une véritable intégration économique régionale. Près de 140 km de rails avaient même été posés au Niger, entre Niamey et Dosso, tandis que le matériel ferroviaire était prêt côté Bénin. Le chantier avait donc bien démarré. Mais la jonction internationale avec Cotonou n’a toujours pas vu le jour. Pourquoi ? L’échec n’est-il pas avant tout le résultat d'un déficit de vision stratégique sous l’effet de ces luttes d’influence internes qui ont amplement fragilisé certaines « démocraties » africaines, celles qui pourtant s’étaient accordés pour soutenir l’initiative ? Pierrick Hamon et Abdoulahi Attayoub, le 1er mars 2026
accéder à l'articleQuelle surprise, quelle déception, pour beaucoup de ceux qui l’ont soutenue, de voir Catherine Trautmann s’opposer aujourd’hui à la création d’une véritable Région Alsace. Plus surprenant encore venant d’une personnalité réputée issue d’une culture politique rocardienne, historiquement attentive aux territoires et à la décentralisation. L’Alsace dispose d’une identité forte, reconnue bien au-delà de nos frontières, fondée sur une histoire, une culture et un positionnement géopolitique singuliers. L’Alsace, avec la Corse et la Bretagne, loin de constituer un mouvement de repli, pourrait bien ouvrir la voie, celle d’une France plus ancrée, plus claire dans son organisation, plus ouverte parce que réconciliée avec ses territoires. Bref, une France du réel. Pierrick HAMON et Denis SCHULTZ, In WEKA le Mag, 21 avril 2026
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