
Abdoulahi ATTAYOUB est le président de l’Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe (ODTE) / Tanat. Il est aussi Consultant en relations internationales (Sahel), membre et éditorialiste du ThinkTank I-Dialogos.
Depuis quelque temps, experts et observateurs mettent en garde contre un glissement discret mais profond dans le discours stratégique de certaines puissances : la normalisation de la légitime défense préventive. Derrière cette notion se profile une mutation lourde de conséquences pour le système international établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Le cadre juridique issu de la Charte des Nations unies repose sur un principe central : l’interdiction du recours à la force dans les relations internationales. L’article 2 §4 de la Charte interdit clairement aux États de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État.
La seule exception admise est celle prévue par l’article 51 : la légitime défense en cas d’attaque armée. Ce principe, déjà présent dans la tradition juridique internationale, impose des conditions strictes : la nécessité, l’imminence et la proportionnalité.
Or, la doctrine de la légitime défense préventive va bien au-delà de ces critères. Elle repose sur l’idée qu’un État pourrait frapper un adversaire non pas parce qu’il a été attaqué, ni même parce qu’une attaque est imminente, mais parce qu’il pourrait représenter une menace future. Si cette logique venait à s’imposer, elle ouvrirait une brèche majeure dans l’architecture juridique internationale.
Car les conséquences seraient évidentes : tout État estimant en avoir les moyens pourrait invoquer une menace potentielle pour justifier une offensive militaire. L’histoire montre pourtant que les perceptions de menace sont souvent subjectives et instrumentalisées. Une telle évolution risquerait donc d’encourager les guerres préventives, de multiplier les conflits régionaux et de raviver des ambitions expansionnistes que le droit international avait précisément pour vocation de contenir.
Depuis la création de l’ONU, l’objectif central du droit international consiste à : limiter la violence entre les États et substituer des règles au rapport de force brut. Certes, ce système est imparfait et parfois contourné. Mais il constitue néanmoins un mécanisme capable d’encadrer les rivalités internationales.
Remettre en cause ce cadre au nom d’une lecture opportuniste de la sécurité reviendrait à fragiliser l’un des piliers de la stabilité mondiale.
Vers une application sélective du droit ?
Plus inquiétant encore, certains discours récents semblent légitimer une application sélective du droit. L’idée selon laquelle le droit international ne devrait s’appliquer qu’entre « nations respectables » constitue une rupture profonde avec son principe fondateur : l’universalité de la norme juridique.
Le droit international n’a jamais été conçu pour récompenser les vertueux et punir les autres. Il existe précisément pour encadrer les relations entre tous les États, y compris ceux dont les systèmes politiques, les valeurs ou les alliances diffèrent.
Dans le même temps, les conséquences géopolitiques du conflit actuel dépassent largement le cadre régional. L’une des victimes collatérales pourrait être la cohésion du groupe des BRICS, souvent présenté comme l’un des vecteurs de l’émergence d’un ordre international multipolaire. Les divergences d’intérêts entre ses membres, accentuées par les crises internationales, pourraient ralentir cette dynamique.
La situation révèle également les limites de l’influence française au Moyen-Orient. Malgré les liens historiques étroits hérités notamment du Mandat français sur le Liban, la France peine aujourd’hui à peser sur les équilibres stratégiques régionaux. Cette difficulté illustre l’évolution du rapport de force international, dans lequel les puissances européennes disposent d’une marge d’action plus restreinte face aux acteurs majeurs de la région.
Quid du débat démocratique dans plusieurs pays occidentaux ?
Une autre conséquence plus discrète mais tout aussi préoccupante concerne la qualité du débat démocratique dans plusieurs pays occidentaux. Sur certaines questions internationales particulièrement sensibles, le débat public semble parfois se réduire à une opposition binaire, dans laquelle les voix critiques sont rapidement marginalisées. Pourtant, la vitalité des démocraties repose précisément sur la pluralité des analyses et la confrontation argumentée des points de vue.
Enfin, la mobilisation d’une partie significative de leurs capacités militaires par les États-Unis et Israël rappelle que même les puissances les plus avancées doivent composer avec des contraintes matérielles et stratégiques. Elle soulève également une question essentielle : quelle cohérence stratégique à moyen et long terme dans un monde marqué par le retour des rivalités entre grandes puissances ?
Au fond, la question dépasse largement le cadre d’un conflit particulier. Elle touche à l’avenir même du système international : celui-ci continuera-t-il à être structuré par le droit, ou glissera-t-il progressivement vers une logique de puissance et de préemption ? S
i la légitime défense préventive venait à devenir une norme implicite, l’ordre international pourrait entrer dans une période où la force primerait de nouveau sur la règle. L’histoire du siècle dernier rappelle pourtant le prix que le monde a déjà payé pour une telle logique.
Abdoulahi ATTAYOUB
Consultant Lyon (France) 15 mars 2026
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Article précédent du 3 février 2026
Niger : Les approximations diplomatiques du général Tiani
La récente sortie du chef de l’État nigérien, le général Abdourahmane Tiani, suscite de légitimes inquiétudes quant à l’agenda politico-diplomatique du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). À la suite de l’attaque perpétrée contre l’aéroport international Diori Hamani et la base militaire 101 de Niamey, le 29 janvier 2026, le président nigérien a tenu des propos pour le moins inhabituels dans les usages diplomatiques internationaux. Il a publiquement accusé trois chefs d’État, Patrice Talon (Bénin), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Emmanuel Macron (France), d’être des « sponsors » des assaillants.
En citant nommément ces dirigeants, le général Tiani a franchi un nouveau palier dans l’escalade verbale qu’il entretient depuis plusieurs mois avec ces pays. Le ton employé, peu conforme aux codes diplomatiques, interroge sérieusement la volonté réelle du régime de sortir le Niger de son isolement international et, partant, d’atténuer les souffrances quotidiennes des populations déjà éprouvées.
Les conséquences désastreuses d’une lecture biaisée du réel
L’exacerbation des tensions avec ces trois partenaires majeurs risque d’aggraver sensiblement la situation socio-économique des Nigériens. La fermeture prolongée de la frontière avec le Bénin prive déjà le pays de son principal accès à la mer, avec des répercussions directes sur l’approvisionnement, le coût de la vie et la circulation des marchandises. Par ailleurs, la présence d’une importante diaspora nigérienne en Côte d’Ivoire constitue un pilier essentiel du soutien familial et économique pour de nombreux foyers au Niger.
Quant aux relations avec la France, au-delà de la nécessaire redéfinition de ce partenariat, elles demeurent un élément structurant de l’environnement diplomatique et stratégique du pays. Or, aucune de ces considérations ne semble avoir pesé dans l’adoucissement du discours présidentiel. Cette gestion approximative des relations internationales, marquée par un manque évident de discernement, assombrit encore davantage les perspectives d’une sortie apaisée et rapide de la crise que traverse le Niger.

Une vision diplomatique déroutante
Sans préjuger des réponses que pourraient apporter les États mis en cause, il apparaît clairement que le régime nigérien éprouve de sérieuses difficultés à reconstruire un environnement diplomatique favorable à la levée de l’isolement. À la différence des autres pays du Sahel central, qui semblent adopter une posture plus mesurée et plus attentive aux réalités géopolitiques, le Niger s’enferme dans une rhétorique radicale qui suscite une inquiétude croissante au sein même de la population.
Le pays semble ainsi pris en otage par un discours populiste, déconnecté des réalités, qui l’éloigne inexorablement des objectifs de paix, de stabilité et de développement.
Une tutelle de fait, simplement déplacée
Les contradictions du discours officiel apparaissent avec une acuité particulière lorsque le président Tiani se félicite publiquement de l’intervention d’éléments russes ayant contribué à contenir l’attaque du 29 janvier. Cette posture tranche radicalement avec l’architecture idéologique du régime, fondée sur le rejet de toute présence militaire étrangère sur le sol nigérien.
Dès lors, plusieurs interrogations s’imposent :
Le Niger reconnaît-il implicitement son incapacité à assurer seul sa défense ?
Assiste-t-on à une substitution de tutelle, la présence française étant remplacée par une autre, sans garanties objectives de rupture avec les logiques antérieures ?
Cette nouvelle dépendance, dictée par des intérêts géopolitiques, diffère-t-elle réellement de la précédente ?
Ces tâtonnements stratégiques révèlent une absence de vision claire et ouvrent la voie à des contradictions susceptibles d’affaiblir durablement la position du Niger dans la sous-région, ainsi que la capacité du régime à défendre efficacement les intérêts nationaux. Ils appellent à un sursaut politique pour éviter une fuite en avant qui pourrait conduire à l’effritement des réseaux de soutien du CNSP, encore maintenus par l’espoir d’une issue pacifique à la crise.
La crispation observée semble également trahir une inquiétude plus profonde : celle d’un pouvoir né de la force et conscient de sa propre vulnérabilité face à des dynamiques similaires.

La refondation : un slogan en quête de substance
Cette nouvelle escalade verbale menace également l’ambition proclamée de « refondation » de l’État, ambition qui peine toujours à se matérialiser. Aucun chantier fondamental de l’architecture institutionnelle, sociale ou politique ne semble véritablement engagé.
Le récit national hérité de la période coloniale demeure largement intact et insuffisamment questionné. Or, la construction d’une nation forte et souveraine suppose un récit national inclusif, dans lequel chaque communauté contribue à l’édification collective. Le patriotisme authentique ne peut émerger sans un sentiment national partagé, enraciné dans une identité réappropriée et affranchie des schémas hérités de l’administration coloniale.
Si le CNSP entend réellement refonder le Niger, il devrait placer au cœur de son action la cohésion nationale et la correction des injustices structurelles héritées de l’ère postcoloniale. La même énergie mobilisée contre les influences extérieures devrait servir à consolider l’unité interne du pays. Or, les tentatives de stigmatisation ethnique, notamment à l’encontre de certaines communautés pastorales, risquent d’aggraver des fractures déjà profondes.
Un pouvoir ne peut durablement se prévaloir d’un soutien populaire lorsque toute possibilité d’opposition est étouffée. Les démonstrations de soutien orchestrées, portées par des réseaux néo-panafricanistes opportunistes ou par des courtisans en quête de bénéfices personnels, ne sauraient masquer l’absence d’adhésion libre et consciente.
Les véritables enjeux de l’avenir nigérien
Toute refondation crédible du Niger exige une confrontation lucide et sans complaisance avec les réalités nationales. Aucune stratégie sécuritaire ne peut être durable lorsqu’elle repose sur une logique ethnocentrée ou vise à préserver une domination au détriment d’autres composantes de la nation. Aucune construction nationale ne peut émerger de la stigmatisation ou de l’exclusion systématique.
Une communauté marginalisée, menacée ou assimilée à un ennemi intérieur n’a aucun intérêt à renforcer la souveraineté d’un système qui cherche à l’exclure. Dans plusieurs pays du Sahel, les régimes en place risquent, par leur aveuglement identitaire, de produire exactement l’inverse des objectifs qu’ils proclament.
Le souverainisme, lorsqu’il fait abstraction des exigences fondamentales d’unité, de cohésion et d’inclusion, révèle sa fragilité intrinsèque. Sans ces piliers, toute souveraineté demeure illusoire.
Abdoulahi Attayoub Consultant Lyon (France) 3 février 2026
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Le précédent article de décembre 2025
Sahel central : un discours souverainiste fragilisé par les dérives populistes
À l'heure où le monde connaît de profondes recompositions géopolitiques, l'Afrique sahélienne s'affirme comme un espace stratégique en quête de structuration et d'autonomie. À terme, la consolidation de sa voix sur la scène internationale pourrait contribuer à l’émergence d’une Afrique pleinement actrice de la nouvelle gouvernance mondiale. Dans cette perspective, la revendication d'une souveraineté renforcée s'impose comme le marqueur central d'une volonté d'émancipation assumée.
La détermination affichée par les régimes militaires actuellement au pouvoir au Niger, au Mali et au Burkina Faso à reconsidérer l’ensemble des accords et partenariats conclus depuis les indépendances traduit une volonté de rupture avec des cadres hérités, perçus comme autant de contraintes structurelles à leur développement. Toutefois, ce discours souverainiste, fréquemment empreint de rhétorique populiste, semble avant tout rencontrer l’adhésion d’une frange de la population dont le ressentiment, souvent légitime à l’égard des élites dirigeantes, est habilement orienté vers des responsabilités extérieures. Cette externalisation des causes des dysfonctionnements internes se fait au détriment d’une réflexion endogène rigoureuse sur les fondements mêmes des crises politiques, économiques et sociales persistantes.
Une telle stratégie de diversion révèle rapidement ses limites lorsque l’absence de réponses concrètes aux problématiques internes devient manifeste. L’évitement quasi systématique de toute introspection sur les enjeux fondamentaux de gouvernance, de responsabilité politique et de gestion des ressources affaiblit sensiblement la crédibilité de cet élan présenté comme émancipateur. Il apparaît en effet difficile de réduire l’ensemble des blocages structurels et des retards de développement aux seules séquelles de la domination occidentale, sans jamais interroger la responsabilité des régimes qui ont exercé le pouvoir depuis les indépendances. Une évaluation lucide mettrait pourtant en évidence des défaillances internes majeures et une carence persistante de vision prospective, dont l’impact sur les conditions de vie des populations est tout aussi déterminant. L’instabilité institutionnelle chronique, la corruption endémique, l’impunité généralisée et l’absence de mécanismes effectifs de redevabilité constituent autant d’obstacles structurels rendant largement inopérantes les politiques publiques mises en œuvre.
Les élites sahéliennes semblent ainsi s’être installées dans une posture victimaire commode, leur permettant d’éluder leurs propres responsabilités. Dès lors, l’opportunisme consistant à surexploiter aujourd’hui les conséquences d’une domination qu’elles feignent de découvrir interroge, tant ces mêmes élites en ont longtemps été les bénéficiaires directs ou indirects. Une remise en cause préalable des pratiques internes ayant prospéré à l’ombre de la période dite « néocoloniale » aurait indéniablement renforcé la crédibilité du discours souverainiste.

Par ailleurs, l’omerta persistante autour des crimes de sang et des crimes économiques continue de peser lourdement sur la mémoire collective et d’éroder la confiance des citoyens dans la perspective d’un avenir apaisé et prospère. La construction nationale dans les pays du Sahel central demeure également entravée par des logiques ethnocentrées, héritées d’un système postcolonial qui s’est progressivement mué en un véritable « État profond », s’arrogeant l’incarnation exclusive de l’autorité étatique. Toute politique souverainiste qui négligerait de déconstruire ces dynamiques internes risquerait inévitablement de reproduire les mêmes impasses, transformant la promesse d'émancipation en simple continuité du statu quo.
Le Niger, symptôme d’un mal plus profond
Depuis l’avènement du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le 26 juillet 2023, le débat politique au Niger semble s’être figée dans des postures de pouvoir, au détriment d’un examen approfondi des dysfonctionnements structurels de la gouvernance. Or, l’expérience des dernières décennies montre que les justifications avancées par les auteurs de coups d’État, tout comme celles de leurs opposants, présentent de troublantes similitudes, notamment par leur recours récurrent à des promesses de rupture et de renouveau. Ces discontinuités institutionnelles apparaissent ainsi moins comme des projets de transformation que comme des quêtes de légitimité, dont l’enjeu réel demeure l’accès au pouvoir ou sa préservation.
Les arguments sécuritaires et socio-économiques sont fréquemment mobilisés comme des alibis, souvent dépourvus d’une réelle profondeur politique susceptible de susciter une adhésion populaire durable. La répétition de ces schémas a progressivement nourri une forme de résignation collective, entravant l’émergence d’une véritable culture politique et démocratique. Les régimes civils, lorsqu’ils ont exercé le pouvoir, n’ont guère été plus convaincants, reproduisant des pratiques qui tendent à effacer, aux yeux des citoyens, toute distinction substantielle entre pouvoir civil et pouvoir militaire.
Les dérives autoritaires et clientélistes observées au fil des mandats précédents rendent ainsi délicate toute invocation, sans nuance, d’une démocratie que le coup d’État du 26 juillet 2023 aurait brutalement interrompue. Les partisans du régime déchu se réfugient fréquemment dans des arguments d’ordre moral, qualifiant l’événement de « trahison personnelle », tandis que les tenants du nouveau pouvoir peinent à convaincre quant aux motivations profondes de leur prise de contrôle de l’État. Dans ce contexte, il apparaît indispensable que le CNSP recentre son action afin d’éloigner le pays d’un aventurisme populiste susceptible de l’isoler durablement sur la scène internationale et de le fragiliser, sur le plan interne, par des discours clivants et stériles. De leur côté, ceux qui appellent au rétablissement de l’ordre constitutionnel omettent souvent de rappeler les dérives qui avaient progressivement vidé cet ordre de sa substance, tant en matière de libertés publiques que de respect de l’expression populaire.
Il revient désormais au CNSP, dans le cadre du projet de refondation qu’il avance, de démontrer sa capacité à rompre avec ce cercle vicieux en concevant une architecture politique innovante, apte à contenir les dérives récurrentes et à instaurer une vie publique apaisée, fondée sur la justice, l’impartialité et la primauté d’un État véritablement garant de l’intérêt général. À cet égard, une ouverture effective du champ politique à des personnalités crédibles, profondément enracinées dans les réalités nationales, pourrait favoriser l’émergence d’un paysage politique renouvelé, respectueux des équilibres institutionnels et sociaux du pays.

Mohamed Bazoum : la justice comme voie de sortie de l’impasse
La situation de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum continue de susciter interrogations et controverses. Près de trois ans après sa destitution, il demeure retenu au sein de l’enceinte présidentielle, sans qu’aucun calendrier judiciaire n’ait été rendu public ni qu’une perspective claire n’ait été définie quant à son sort. Cette absence de procédure, au-delà des considérations éthiques et humaines qu’elle soulève, apparaît fondamentalement incompatible avec les principes de l’État de droit.
Ce dossier appelle désormais un traitement judiciaire transparent, indépendant et impartial. Un tel cadre permettrait un examen contradictoire et approfondi des faits, offrant à Mohamed Bazoum, au CNSP et à l’ensemble des acteurs concernés l’opportunité d’éclairer l’opinion nationale sur leurs responsabilités respectives dans la crise actuelle, laquelle entache profondément la crédibilité des institutions de la République.
L’enjeu dépasse largement les clivages partisans. Il s’agit avant tout de garantir à un citoyen, ancien chef de l’État, le droit de présenter devant la nation sa lecture des circonstances ayant conduit à son éviction. La persistance d’arguments exclusivement politiques apparaît désormais contre-productive. En ce sens, les appels à sa libération, fondés sur le respect de son droit fondamental à un procès juste et équitable, constituent l’argument le plus solide et le plus fédérateur, en parfaite cohérence avec les principes de l’État de droit et les engagements internationaux du Niger en matière de droits humains. Une telle démarche fondée sur le droit et non sur la revanche politique, pourrait contribuer à un consensus élargi et jeter les bases d’une sortie digne, stable et durable de l’impasse actuelle, condition essentielle à l’instauration d’une vie politique véritablement apaisée.
Abdoulahi ATTAYOUB
Consultant Lyon (France) 12 janvier 2026

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