Que sont nos valeurs partagées devenues ? Parlons-en !!!

Nous avons besoin de dialoguer. Sincèrement. Respectueusement. Le besoin se fait urgent. Vital. 

L’humanité se déchire, s’émiette, s’entre-tue, en direct. La presse s’aligne. Rend compte et puis s’en va. Et la crise ne fait qu’empirer. Il n’y a qu’à se tourner, juste un petit quart de tour, pour se rendre compte que la crédibilité de l’homme, celui-là même par qui notre salut devait arriver, s’ébrèche chaque jour davantage. 

La confiance en des promesses servies à grands coups de markéting, mais pas que, tombe en lambeaux, par petits bouts. Personne ne s’en soucie ou juste ce qu’il faut, pour continuer à vivre. Conséquence : les « eux » et « nous » gagnent du terrain, plus assourdissants, plus violents. 

Certains, du Sud, cette « mauvaise » partie du globe, mais également des pays mieux lotis du Nord, voient leur patience s’user et le font savoir, chacun à sa manière. 

Il y a ceux qui agissent et ceux, en face, qui réagissent. Tous s’expriment. Mieux vaut tendre l’oreille, tant qu’il est encore temps, pour capter ce flux de messages. Ecouter activement ces interrogations qui fusent. Pour comprendre. Mais également, pourquoi pas, corriger les travers d’une trajectoire à sens unique, qui guide le monde et qui semble avoir atteint son niveau suprême de déviance. 

Essoufflement ou échec ?

Le modèle occidental, (gouvernements, système onusien et organisations de la société civile confondus), a-t-il rendu le monde meilleur ? Y a-t-il moins de conflits ? Moins de pauvreté ? Plus de solidarité ? Plus de compréhension ? 

Au vu des chiffres et des rapports, secrets et publics, beaucoup doutent. Et ils semblent avoir mille fois raison. La pauvreté augmente. La nourriture manque. Chocs énergétiques. Crises de la dette. Réchauffement climatique. Inflation. Guerres. A en croire les bilans des incontournables, Banque Mondiale et Fonds Monétaire International, rien ne va plus[1]

Leurs assemblées générales 2022 tirent très fort les sonnettes d’alarme. Ces grands riches qui ne manquent de rien, font les comptes et s’inquiètent. 

« Le développement est en crise », atteste le président de la Banque, allant jusqu’à annoncer que « l’issue humanitaire de ces crises qui se chevauchent est catastrophique ».

 Catastrophique ? Pour qui ? 

Une bombe à retardement. L’Afrique, avec toutes ses richesses, sur et sous terre, peine à décoller. Les enfants d’Asie subsistent grâce aux habits de luxe qu’ils se tuent à confectionner pour trois fois rien. Les enfants du Yémen survivent grâce aux dons collectés par des bénévoles et des personnalités publiques recrutés pour les besoins de la cause. D’autres jeunes, séduits par l’herbe verte d’un lointain ailleurs se jettent à l’océan. Beaucoup, radicalisés, empruntent, les cerveaux lavés et les cœurs pleins de haine, le voyage sans retour vers l’extrémisme... 

La guerre qui fait rage actuellement entre la Russie et l’Ukraine pourrit davantage la plaie, en élargissant le problème à une géographie que l’on croyait, jusque-là, hors d’atteinte. Une évaluation rapide des dommages et des besoins, publiée par la Banque mondiale, l’Union européenne et le gouvernement ukrainien a estimé les besoins de redressement et de reconstruction de l’Ukraine à environ 349 milliards de dollars, soit le double du PIB de l’Ukraine d’avant-guerre. Qu’à cela ne tienne, les contribuables payeront la note.  

Populations-élèves 

Le modèle occidental, qui s’est imposé et qui continue de gouverner le monde (pour combien de temps encore ?) est malade. D’aucuns pensent qu’il se meurt. Suicidé par les siens qui se sont ligués, comme un seul homme, pour imposer une vision uniforme à un monde multiple. 

Prescrire comment l’autre doit être gouverné. Comment et avec qui il doit faire l’amour. Quelle législation il doit adopter et quels programmes scolaires il doit dispenser à ses élèves. Comble de l’arrogance, cet occident qui s’est physiquement évertué, hier à civiliser des populations, entreprend aujourd’hui, par d’autres moyens, moins couteux peut-être, mais tout aussi provocants, de les démocratiser, les libéraliser, les intégrer dans le cercle des gens fréquentables. 

Ces populations-élèves en éternelle formation, sont contraints, sans délai, de savoir faire plus avec moins. Moins de tout. Moins d’argent, moins de technologie, zéro siège au Conseil de sécurité…etc. etc… 

La mission est impossible. Tout le monde le sait, mais personne n’en dit mot, ou presque. Malgré le déni et la fuite en avant, les signes d’essoufflement sont évidents.  C’est l’obsolescence même. 

Le modèle n’a-t-il pas carrément échoué ? Ça se discute. 

Seul le dialogue pourrait conduire à une compréhension honnête de l’étendue des dégâts, sur la base d’une évaluation froide qui permettrait de cesser la tromperie, du moins la reconnaitre pour permettre à ceux qui le peuvent de redresser la barre. 

Certes, le tableau n’est pas totalement sombre. Il y a des résultats positifs et des acquis enregistrés. Une prise de conscience se profile doucement, mais surement à l’horizon. Malgré le déséquilibre de plus en plus insupportable qui profite d’abord à ceux nés du bon côté du globe et à quelques autres bons élèves qui ont réussi l’examen d’admission au cercle de confiance, l’espoir demeure. 

On déplore seulement que le cercle soit un peu trop étanche et même qu’il se rétrécisse. Et c’est dommage. Nous devons urgemment en débattre ! La voie du salut est dans le dialogue, franc, libre et sans conditions préalables. 

Information vs marketing politique ? 

Dans cette opération de sauvetage d’envergure, la presse, tous Mediaş et supports confondus, constitue un acteur privilégié. Classique et digitale, elle est l’outil, l’interface entre les gouvernants et les gouvernés, aux niveaux national et international. 

C’est par elle que la rencontre espérée devrait venir ou non. Sa position est déterminante. Au-delà du rôle de médiateur, qui lui revient de droit, elle a la responsabilité de la vérité. Cependant, là encore, le tableau n’offre pas plus de lumière. 

Sans succomber à la généralisation, il appert que malgré les bonnes intentions, un discours dominant écrase les plus vulnérables. Il les gêne, même dans leur cheminement. Il y aurait les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Ceux qui ont tout ce qu’il faut et s’en encense et ceux qui ont juste ce qu’il faut et qui tendent la main et parfois l’esprit. Tous sont jugés selon les mêmes règles, uniformes et sans rapport avec le contexte, tombées d’en haut, de chez « le maitre ».  Aucun écart n’est permis. 

La censure à laquelle sont soumis les journalistes russes ces derniers temps, qui font l’objet d’un embargo étanche, interdits de tout droit d’expression, carrément effacés du paysage médiatique, renseigne, on ne peut plus clairement, sur la mission affectée à la presse au sein du système de gouvernance du modèle occidental.  Un rôle qu’elle semble s’en accommoder à la perfection. Et ce n’est pas le seul exemple au palmarès. Double standard ? loi du plus fort ?

Il est temps de revoir nos basiques. La communication, le marketing politique a-t-il pris le dessus sur l’information ? 

Outre la cassure technique et technologique, et épistémologique aussi, qu’est-ce qu’il nous reste à digérer ? 

Parlons-en.  Dialoguons.

Tunis, ce 02/11/2022

https://www.albankaldawli.org/ar/news/feature/2022/10/16/annual-meetings-2022-development-in-crisis?cid=ECR_E_newsletterweekly_AR_EXT_AM22&deliveryName=DM157268

https://www.i-dialogos.com/le-comit%C3%A9-constitutif/habiba-mejri-cheikh